galerie Mort de George Floyd : quand la police s’agenouille à la demande des manifestants

Un manifestant hurle d'émotion en voyant un policier s'agenouiller avec lui en hommage à la mémoire de George Floyd, le 31 mai 2020.
Un manifestant hurle d’émotion en voyant un policier s’agenouiller avec lui en hommage à la mémoire de George Floyd, le 31 mai 2020. © Roberto Schmidt, AFP

Le geste revêt une signification particulière. En 2016, le joueur de football afro-américain Colin Kaepernick s’était agenouillé à plusieurs reprises pendant l’hymne national américain pour protester contre « l’oppression » des personnes de couleur et les violences policières racistes.

Donald Trump et ses alliés républicains, en colère contre ce qu’ils considéraient comme un manque de respect au drapeau, avaient appelé au boycott de la NFL, la Ligue nationale de football américain. L’activisme politique de Colin Kaepernick, proche du mouvement Black Lives Matter (« La vie des Noirs compte »), lui a coûté sa carrière de quarterback.

Images fortes

Plusieurs années plus tard, l’agenouillement est à nouveau adopté par les manifestants qui défilent en mémoire de George Floyd, cet Afro-Américain tué par la police de Minneapolis la semaine dernière. Le geste est d’autant plus symbolique que son décès est survenu après avoir été asphyxié sous le genou d’un policier.

Cette fois, certains policiers et responsables politiques se joignent au mouvement, offrant des images fortes d’entente entre deux camps d’ordinaire opposés. Lundi, à Santa Cruz, en Californie, le maire et le chef de la police de la ville se sont agenouillés avec les manifestants. La maire de San Francisco, London Breed, a fait pareil. Ce genre de scène s’est répété un peu partout dans le pays.

Même dans le monde du sport, les hommages de ce genre se multiplient. L’attaquant de Mönchengladbach Marcus Thuram a mis un genou à terre, le regard tourné vers le sol, après avoir mis un but dimanche.

« Montrez-nous votre respect ! »

Lundi à Washington, les manifestants ont saisi toutes les occasions pour interpeller les forces de l’ordre mais le succès rencontré près de l’hôtel Trump ne s’est pas reproduit. « Pourquoi ne démissionnez-vous pas ? », ont-ils par exemple demandé à un policier à moto qu’ils venaient d’encercler près du Congrès américain. « Agenouillez-vous avec nous, montrez-nous votre respect ! » Le motard, qui a coupé son moteur plusieurs minutes pour faire baisser la tension, a refusé de mettre le genou à terre.

Face au Capitole, à la fin de la manifestation, un homme a hurlé en vain face aux policiers alignés : « Si vous ne nous montrez pas votre soutien et continuez à protéger ce système raciste, comment va-t-il bien pouvoir changer ? Je comprends que vous devez faire votre boulot. Mais comprenez-nous aussi. Dans les autres États, des chefs de police se joignent à la foule. Nous sommes dans la capitale et vous ne pouvez même pas poser un genou à terre ! Qui servez-vous ? Les 1 % ? »

Certains policiers, s’ils ne se sont pas agenouillés, ont montré leur solidarité avec les manifestants. Samedi, un shérif du Michigan a ainsi enlevé son casque et demandé à ses hommes de poser leurs bâtons. « Nous voulons être réellement avec vous », a expliqué Christopher R. Swanson, avant de demander aux protestataires : « Que pouvons-nous faire ? » « Marchez avec nous ! », a répondu la foule. Le défilé qui a suivi a duré plusieurs heures. « Nous marchons avez vous car tout ce que vous réclamez, c’est une voix et une dignité pour tous, peu importe qui vous êtes », a déclaré le shérif. « Je vous aime, les gars. La police vous aime. »

 

 

 

FRANCE 24