galerie Centrafrique-Covid-19 : le relâchement dans le respect des mesures édictées justifie-t-il la montée inquiétante du nombre de malades?

Sans cache-nez, 4 personnes sur une moto, un exemple du non respect des mesures de prévention de Covid-19 à Bangui

La République Centrafricaine a franchi sans surprise le cap des 1000 contaminations au nouveau coronavirus le 31 mai 2020, avec officiellement 1011 cas positifs depuis le 14 mars 2020.

Cette montée fulgurante au cours du mois de mai s’explique d’une part, par le dépistage systématique imposé à certains points stratégiques du pays, d’autre part, par le relâchement dans l’observation des mesures barrières édictées par les autorités. 

Une semaine après l’annonce du 1er cas positif de Covid-19, le 14 mars 2020 à Bangui, le  gouvernement a très vite pris des mesures préventives, telles que, la fermeture des frontières, des écoles, des lieux de culte, de loisirs (bars dancings, boîtes de nuit, débits de boissons…). Ces mesures ont été reconduites à deux reprises avec notamment, le renforcement des consignes avec de nouvelles restrictions, à l’exemple de l’interdiction de circulation des transports en commun sur certains axes, la limitation du nombre de passagers, le port obligatoire du masque dans les lieux publics, l’interdiction des obsèques à domicile…

Il se trouve que malgré le durcissement de ces mesures, le pays ne cesse de compter malheureusement, quotidiennement de nouveaux cas de contamination à dominance locale. Même si d’une part, le chiffre en flèche peut s’expliquer par l’augmentation du nombre de dépistage, parfois volontaire ou suivis, d’autre part, il est du à un relâchement total dans l’observation des mesures barrières édictées.

Les débits de boisson par exemple sont tous ou presque rouverts en dehors des bars dancing fréquentés en cachette. Ces lieux bondés de monde au vu et au su des forces de défense et de sécurité qui sont pour la plupart, eux-mêmes les occupants, au mépris des instructions de leur hiérarchie. Il suffit de sillonner le soir, les différentes rues, carrefour et quartiers de la capitale pour s’en rendre compte.

« C’est dans la journée que les gens observent un peu les principes, mais une fois la nuit tombée, les gens ne respectent plus les mesures. Même dans les transports en commun, les gens dépassent le nombre indiqué sur les motos, les motocyclettes transportent deux ou trois personnes » déplore Juvénal Bomanéhel, un Banguissois rencontré par Radio Ndeke Luka.

Cette dénonciation de Juvénal est flagrante au carrefour Marabena, un endroit de vente de jus de fruits installé en face d’un check point de la gendarmerie, mobilise chaque soir, de dizaines de clients dans l’insouciance totale du danger que représente cette pandémie. 

Quoi que le gouvernement ait décrété le port obligatoire de masque dans les lieux publics, rares sont ceux qui en portent. Les conducteurs de taxis motos profitant de l’absence des forces de l’ordre pour faire de surcharges la nuit et voire sur les axes dans les quartiers.

« Je suis conducteur de moto et la nuit, les forces de sécurité ne sont plus en place. Je transporte des personnes tout en évitant les axes tenus par les gendarmes. Nous le faisons pour compenser le déficit du jour, » justifie un conducteur de mototaxi, visiblement insoucieux.

Plusieurs lieux de culte ont aussi rouvert leurs portes aux fidèles, foulant au pied les consignes de distanciation sociale et d’interdiction du regroupement de plus de 15 personnes.

Selon plusieurs observateurs, les mesures édictées par le gouvernement souffrent d’un manque de suivi par ses agents mêmes qui semblent n’avoir pas conscience de la dangerosité de cette pandémie qui continuent de décimer la population humaine à travers le monde. Jusqu’à ce 1er juin 2020, la République centrafricaine compte officiellement 1069 cas positifs au Covid-19, 23 guéris et 4 décès. 

 

 

RNL