galerie New York se métamorphose face au coronavirus

Une douzaine de tentes dressées à Central Park par l'organisation caritative Samaritan’s Purse, à New York le 31 mars 2020
Une douzaine de tentes dressées à Central Park par l’organisation caritative Samaritan’s Purse, à New York le 31 mars 2020 afp.com – Bryan R. Smith

Une douzaine de tentes dressées dans Central Park depuis dimanche se préparaient mardi à accueillir jusqu’à 70 patients malades du virus provenant de l’hôpital Mount Sinai, tout proche.

« On voit des films comme +Contagion+ et on pense que ça ne se produira jamais, alors voir ça pour de vrai, c’est vraiment surréaliste », raconte Joanne Dunbar, 57 ans, venue assister à la transformation de ce lieu emblématique.

Après huit jours de travaux menés par le Corps du génie de l’armée de terre des États-Unis, le centre de conférences Javits Center, dans Manhattan, est désormais opérationnel, avec près de 3.000 lits destinés aux malades non atteints du coronavirus, pour permettre aux hôpitaux de se concentrer sur l’épidémie.

Quelques rues plus loin, l’imposante silhouette blanche du navire hôpital militaire Comfort, arrivé lundi avec une capacité de 1.000 lits, se détache au milieu des gratte-ciels.

D’autres sites ont été identifiés à travers la première métropole américaine pour servir d’hôpital, dont l’un des bâtiments du complexe de tennis de Flushing Meadows, dans le quartier du Queens, ainsi que des hôtels pour pouvoir isoler des personnes infectées, mais pas gravement malades.

La capitale économique des Etats-Unis et l’Etat de New York en général, qui comptait mardi en milieu de journée près de 76.000 cas et 1.550 morts, a engagé une course contre la montre pour augmenter sa capacité hospitalière avant le pic de l’épidémie, attendu d’ici « sept à 21 jours », selon le gouverneur Andrew Cuomo, qui a indiqué mardi que son frère, présentateur sur CNN, était lui aussi infecté.

Il a appelé les New-Yorkais à « calibrer leurs attentes pour ne pas être déçus chaque jour au réveil, en voyant la situation s’aggraver.

« Nous avons environ 20.000 lits dans tout New York » en temps normal, a expliqué le maire, Bill de Blasio. « Nous espérons que tous seront transformés en lits de soins intensifs pour des patients du Covid-19 ».

– Inquiétude palpable –

« Les New-Yorkais sont dans une situation difficile, et on essaie de faire au mieux pour ouvrir des lieux afin de soulager l’augmentation du nombre de cas », a souligné sur CNN le docteur Anthony Fauci, expert en maladies infectieuses qui conseille Donald Trump sur cette crise.

Dans cette métropole qui n’a jamais été aussi déserte et silencieuse, où résonnent désormais le soir, comme dans de nombreuses villes européennes, les applaudissements saluant le personnel soignant, l’inquiétude est de plus en plus palpable.

Les masques sont omniprésents, et les immeubles n’ont « jamais été autant nettoyés », indique Joel Quesada, agent de nettoyage dans un complexe immobilier de Manhattan, où il est passé de 40 à 55 heures de travail par semaine.

Larry Grossman, directeur d’un supermarché, dit avoir perdu ces derniers jours 14 de ses 75 employés, « soit malades soit ayant peur de venir travailler », malgré les cloisons protectrices installées à chaque caisse.

Si New York est plus que jamais l’épicentre de l’épidémie, avec plus de la moitié des cas américains, toute la première puissance mondiale vit désormais dans l’inquiétude avec 175.000 cas recensés pour 3.415 morts, un nombre de décès maintenant plus important que le bilan officiel chinois.

Plus de trois Américains sur quatre sont désormais sous des ordres de strict confinement. La plupart des grandes villes sont touchées, et les foyers apparus ces derniers jours à Chicago ou à la Nouvelle-Orléans, s’aggravent.

Même des Etats ruraux, comme le Montana, qui comptent très peu de cas confirmés, réclament masques et kits de tests au gouvernement fédéral.

Le ministre-adjoint de la Santé, Brett Giroir, a pourtant confirmé mardi que les Etats-Unis étaient pour l’instant obligés de limiter les tests à « ceux qui en ont vraiment besoin », à savoir les personnes gravement malades et les plus vulnérables.

Le discours des autorités sur le port du masque, initialement recommandé uniquement pour les personnes au contact direct de malades, de personnes vulnérables ou présentant elles-mêmes des symptômes, est aussi en train d’évoluer.

La cellule de crise de la Maison Blanche « en discute activement », a déclaré le docteur Fauci. « Dès qu’on aura assez de masques, nous réfléchirons sérieusement à élargir ses recommandations d’utilisations ».

 

ANI AVEC AFP