galerie Coronavirus: des masques attendus de Chine pour affronter une épidémie qui s’accélère

Des masques sont déchargés le 30 mars 2020 d'un avion à l'aéroport de Paris-Vatry, dans la Marne
Des masques sont déchargés le 30 mars 2020 d’un avion à l’aéroport de Paris-Vatry, dans la Marne afp.com – FRANCOIS NASCIMBENI

Après une première cargaison de 5,5 millions de masques médicaux dimanche, un avion en transportant plus de 10 millions est arrivé lundi à l’aéroport de Paris-Vatry (Marne), en Grand Est, région particulièrement touchée par l’épidémie, dans le cadre du « pont aérien » entre la Chine et la France.

L’appareil, un Antonov-124, est le premier d’une noria de rotations affrétées par le logisticien Geodis pour le compte de l’Etat, a déclaré à l’AFP Eric Martin-Neuville, responsable de Geodis.

Quatre rotations sont prévues chaque semaine avec deux appareils de ce type affrétés auprès d’une société russe basée à Krasnoïarsk qui peuvent transporter 10 à 13 millions de masques par vol.

Les soignants – en première ligne – mais aussi les policiers ou d’une manière général de nombreux salariés contraints de continuer de travailler en extérieur, ne cessent de dénoncer le manque de masques.

Des employés d’un hypermarché Carrefour de Vitrolles (Bouches-du-Rhône) ont exercé lundi leur droit de retrait, exigeant la mise en place de « mesures d’hygiène et de protection », après la contamination de deux salariés au Covid-19.

Malgré l’effort du gouvernement pour s’expliquer sur la gestion de la crise sanitaire, avec une conférence de presse fleuve samedi du Premier ministre et du ministre de la Santé, le niveau de confiance dans l’exécutif est en nette baisse, selon un sondage OpinionWay diffusé lundi.

Seules 43% des personnes interrogées font désormais confiance au gouvernement « pour limiter les effets de l’épidémie », contre 55% (+9) d’un avis contraire. Un quart ne lui font même « pas du tout confiance ».

Le ministère de la Santé a annoncé samedi avoir commandé « plus d’un milliard de masques ». Le pays a besoin de 40 millions par semaine et n’en fabrique que 8 millions.

« On voit l’usage de matériel qui explose. Les blouses, les masques… tous les patients sont actuellement positifs donc il faut s’équiper. On n’a pas eu encore de rupture de matériel, mais on la craint », a témoigné à l’AFP un infirmier à Bordeaux qui a requis l’anonymat.

– Pic à la fin de la semaine –

Le même soignant ajoute qu’il commence à sentir les choses s’accélérer dans l’Ouest, relativement épargné jusqu’à présent. Dans son unité Covid qui a une capacité de 16 lits, 12 étaient occupés dimanche contre 5 mercredi.

Même constat chez Stéphane Gaudry, professeur de médecine intensive à l’hôpital Avicienne de Bobigny.

« Le pic est prévu pour plutôt la fin de la semaine », a-t-il déclaré lundi sur France Inter en déplorant le non-respect du confinement en Seine-Saint-Denis, l’un des départements les plus pauvres de France, « une des raisons pour lesquelles, (il) est très touché ».

Le coronavirus a causé 292 nouveaux décès enregistrés à l’hôpital en 24 heures en France, portant le bilan à 2.606 morts depuis le début de l’épidémie en décembre, selon les dernières données publiées dimanche soir.

Et le Premier ministre Edouard Philippe, qui avait prolongé le confinement au moins jusqu’au 15 avril, a prévenu samedi que les 15 jours à venir seraient plus difficiles que les deux semaines écoulées.

Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a fait part dimanche d’une « augmentation de 10% de malades entrants » sur une journée, « reflet de contaminations survenues avant les mesures de confinement ».

Pour désengorger les réanimations saturées de Grand Est, six patients atteints du Covid-19 ont été transférés lundi par trois hélicoptères de l’armée de terre depuis Strasbourg vers la Suisse et l’Allemagne, après d’importantes évacuations dimanche.

Jérôme Salomon a précisé dimanche que 250 patients ont bénéficié de transferts.

– Alerte sur les dangers de l’hydroxychloroquine –

Alors qu’il n’existe pas de traitement avéré contre le Covid-19, les autorités sanitaires de Nouvelle-Aquitaine ont mis en garde dimanche contre les prises par automédication d’hydroxychloroquine, promu par certains scientifiques comme un remède possible contre le virus et dont l’utilisation est autorisée dans les hôpitaux uniquement pour les cas graves.

« Des cas de toxicité cardiaque ont été signalés (…) suite à des prises en automédication (…) d’hydroxychloroquine face à des symptômes évocateurs du Covid-19, ayant parfois nécessité une hospitalisation en réanimation », indique l’Agence régionale de santé dans un communiqué qui « alerte sur les dangers » de ce médicament.

Sur le front économique, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a appelé lundi les entreprises ayant recours à des mesures de chômage partiel, à ne pas verser de dividende, après avoir interdit de le faire aux groupes bénéficiant d’un report de charges.

Il a par ailleurs déclaré qu’il ne ferait pas de nouvelle prévision de croissance avant la fin du confinement, répétant que la récession induite par le coronavirus serait « beaucoup plus » profonde que le recul de 1%.

 

 

ANI AVEC AFP