galerie L’ancien ministre Patrick Devedjian est mort, victime du coronavirus

Patrick Devedjian le 7 avril 2015 à Paris
Patrick Devedjian le 7 avril 2015 à Paris afp.com – Loic VENANCE

Cette figure de la droite, qui présidait depuis 2007 le conseil général des Hauts-de-Seine, avait été placé en observation mercredi dans un hôpital du département. Encore stable vendredi, selon son entourage, son état s’est rapidement dégradé samedi.

Jeudi, il indiquait dans un tweet être « touché par l’épidémie, donc à même de témoigner directement du travail exceptionnel des médecins et de tous les personnels soignants ». « Fatigué mais stabilisé grâce à eux, je remonte la pente et leur adresse un très grand merci pour leur aide constante à tous les malades », ajoutait-il.

Ses proches étaient « très inquiets car il avait une fragilité cardiaque et effectivement son cœur n’a pas tenu », a témoigné dimanche son « ami de trente ans », le député Modem des Hauts-de-Seine Jean-Louis Bourlanges, sur le site de Valeurs actuelles.

Cette disparition, la première d’un responsable politique français des suites du coronavirus, a suscité de nombreuses réactions.

Nicolas Sarkozy a salué le « panache » de son ancien ministre. « Patrick Devedjian était un homme passionné, entier, sincère, engagé. Il incarnait la politique comme je l’aime », a écrit sur Twitter l’ancien chef de l’Etat.

« Nous ne pourrons pas nous tenir aux côtés des siens pour lui rendre l’hommage qu’il mérite », a regretté l’ex-Premier ministre François Fillon, qui garde en mémoire « les images de son visage souriant, de ses formules tranchantes, de son humour acide, de son intelligence, de sa culture ».

Anne Hidalgo, la maire PS de Paris, a fait part de son « immense tristesse ». « Je pense à nos amis arméniens qui perdent aujourd’hui un de leurs frères », a-t-elle indiqué.

Fier de ses origines arméniennes, Patrick Devedjian n’a eu de cesse de combattre pour la reconnaissance du génocide et le développement de l’Arménie.

« Son franc-parler manquera au débat public », a regretté le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, saluant la mémoire d’un « républicain engagé ».

– « Anticonformiste intellectuel » –

« C’était le plus brillant d’entre nous. Un homme extrêmement libre, anticonformiste intellectuel, très drôle », a indiqué à l’AFP Philippe Juvin, président de la fédération LR des Hauts-de-Seine, qui dirige par ailleurs les urgences de l’hôpital parisien Georges-Pompidou.

Un temps militant d’extrême-droite, avant d’embrasser la droite républicaine, avocat de profession, Patrick Devedjian fut député de la 13e circonscription des Hauts-de-Seine de 1986 à 2017, maire d’Antony de 1983 à 2002 et élu conseiller départemental en 2004.

Il fut également porte-parole du RPR de 1999 à 2001 et secrétaire général de l’UMP de 2007 à 2008 et occupa plusieurs fonctions gouvernementales.

Partisan de l’autonomie des collectivités territoriales, il fut d’abord ministre délégué chargé des Libertés locales (2002-2004), puis ministre délégué à l’Industrie et enfin ministre chargé du Plan de relance, de 2008 à 2010, en pleine crise financière.

Il présida également l’Etablissement public d’aménagement du quartier d’affaires de La Défense (Epad) de 2007 à 2009. Il s’opposa alors à Nicolas Sarkozy, président de la République, qui tenta, en vain, d’imposer à sa tête son fils Jean, 23 ans, alors que M. Devedjian devait laisser la place, atteint par la limite d’âge (65 ans).

La polémique passée, il œuvra à la création de l’Etablissement public Paris-La Défense, dont il prit la présidence en janvier 2018.

Grand collectionneur, féru d’art du XVIIIe siècle, Patrick Devedjian était par ailleurs administrateur du musée du Louvre.

Il fut à l’initiative de la construction du grand complexe installée sur l’île Seguin La Seine Musicale à Boulogne-Billancourt et de l’enceinte sportive et culturelle indoor Paris-La Défense Arena à Nanterre.

Dernièrement, il portait le projet de création du Musée du Grand Siècle dans la caserne Sully à Saint-Cloud.

Président du Syndicat Paris Métropole et co-président de la Mission de préfiguration de la métropole du Grand Paris de 2014 à 2016, Patrick Devedjian avait engagé une fusion des Hauts-de-Seine avec le département des Yvelines.

Marié, il avait quatre fils.

 

 

ANI AVEC AFP