galerie Chloroquine contre coronavirus : « Je ne vois pas où est l’hésitation »

Un patient atteint du coronavirus est soigné, à l'hôpital de Vannes, le 20 mars 2020.

Un patient atteint du coronavirus est soigné, à l’hôpital de Vannes, le 20 mars 2020.
 REUTERS – STEPHANE MAHE

Un essai clinique européen destiné à évaluer quatre traitements expérimentaux pour lutter contre le coronavirus a débuté en France, a annoncé dimanche 22 mars l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Baptisé « Discovery », il inclut notamment la chloroquine, un traitement contre le paludisme qui a obtenu des résultats prometteurs lors d’une étude menée sur un nombre réduit de patients à Marseille. Mais il suscite le débat au sein de la communauté médicale. Outre la chloroquine, l’essai doit évaluer le remdesivir, le lopinavir en combinaison avec le ritonavir, ce dernier traitement étant associé ou non à l’interféron bêta. Dans son volet français, l’essai inclura au moins 800 patients atteints de formes sévères du coronavirus.

« On sait que ce produit peut marcher »

Christian Perronne, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, affirme qu’il utilise déjà ces traitements. « Mais le problème, c’est que les stocks sont très limités. Il n’y a pas beaucoup de médicaments disponibles, ce qui est dommage. La chloroquine et l’hydroxychloroquine sont les plus actives », explique-t-il sur l’antenne de France 24. 

« L’équipe du professeur Raoult a fait une étude très préliminaire, mais sur 24 malades, c’est quand même assez convaincant. Cela montre la réduction du virus dans les sécrétions des patients. On espère que cela va freiner la diffusion », explique-t-il en faisant référence aux recherches de Didier Raoult, le directeur de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection de Marseille. Ce dernier a expliqué avoir mené un essai clinique durant lequel il avait traité des personnes contaminées par le coronavirus avec de la chloroquine. Après six jours, seulement 25 % des patients ayant pris ce médicament avaient toujours le virus dans le corps, selon ce spécialiste. En revanche, 90 % de ceux qui n’avaient pas pris de chloroquine continuaient à être porteurs du Covid-19.

Pour Christian Perronne, il est donc possible d’utiliser ce traitement dès aujourd’hui. « Je suis entièrement d’accord avec les autorités et mes collègues sur le fait qu’il faut continuer les études pour trouver cela de façon plus approfondie. Ce que je demande, c’est que dès aujourd’hui, les usines qui fabriquent l’hydroxychloroquine, tournent jour et nuit pour fournir des millions de traitements pour les patients qui, aujourd’hui, sont isolés dans leurs hôpitaux et qui n’ont pas de traitements antiviral. On sait que ce produit peut marcher et va probablement éviter que beaucoup de gens ne passent en réanimation. »

De potentiels effets secondaires?

Face à certains qui s’alarment de potentiels effets secondaires, ce médecin de l’hôpital de Garches se veut rassurant : « Il y a des millions de gens qui en ont pris quelques fois pendant des années pour des maladies chroniques. Je ne vois pas où est l’hésitation une seule seconde. En plus cela ne coûte pas cher et c’est facile à fabriquer ».

« Et surtout on va le donner à des gens qui sont hospitalisés et sous surveillance. Les gens ont lâché des bruits infondés sur tout cela. Je reconnais que pour l’instant la démonstration scientifique n’est pas parfaite, mais c’est comme cela, on est à la guerre, il faut y aller », ajoute Christian Perrone.

« Je ne vois pas l’intérêt d’attendre encore deux ou trois semaines pour se dire que cela vaut le coup. C’est maintenant car les malades arrivent dans leurs hôpitaux et ils meurent. En tout cas, les personnes les plus fragiles », insiste-t-il.

Le ministre de la Santé a pour sa part appelé à la prudence, rappelant que les espoirs suscités par des traitements avaient parfois été déçus. « Ce traitement s’il devait être efficace, nous le proposerions aux Français sans aucun délai », a déclaré dimanche Olivier Véran sur LCI, ajoutant que plusieurs patients traités dans des hôpitaux français étaient en train de l’expérimenter.

 

 

 

ANI Avec Reuters