galerie Pompeo en Ukraine avec l' »impeachment » de Trump en toile de fond

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo (g) et son homologue ukrainien Vadym Prystaiko, le 31 janvier 2020 à Kiev afp.com – KEVIN LAMARQUE

Le voyage du diplomate, qui coïncide avec la phase finale du procès du président américain, est destiné à voir comment « continuer de soutenir le peuple ukrainien face aux agressions que la Russie a mené ces dernières années », a-t-il expliqué jeudi à Londres, étape précédente d’une tournée qui le conduira aussi au Bélarus, au Kazakhstan et en Ouzbékistan, d’ex-républiques d’URSS.

Autre sujet, le travail à accomplir « pour lutter contre la corruption » qui gangrène le pays et qui est au coeur de la défense de Donald Trump dans son procès en destitution.

Le principal rendez-vous est pris avec le président Volodymyr Zelensky, qui était en ligne avec le locataire de la Maison Blanche lors du coup de fil au centre des accusations des démocrates. Une conférence de presse commune avec M. Pompeo est prévue vers 10H00 GMT.

Le président républicain est poursuivi pour abus de pouvoir pour son profit politique personnel. Il aurait gelé une aide militaire cruciale pour Kiev afin d’obtenir l’annonce d’enquêtes visant son concurrent démocrate Joe Biden et le fils de ce dernier, Hunter, qui a siégé à la direction du groupe gazier ukrainien Burisma.

Selon les démocrates, M. Trump a tenté de « tricher » pour remporter un second mandat en poussant l’Ukraine à « salir » l’ancien vice-président de Barack Obama, et d’avoir utilisé les moyens de l’Etat pour arriver à ses fins.

Les républicains rétorquent que Donald Trump a simplement utilisé ses prérogatives présidentielles pour lutter contre la corruption en Ukraine.

– Sujet « toxique » –

Le président Zelensky, au pouvoir depuis moins d’un an, a fait de la lutte contre la corruption un de ses leitmotivs.

Dans ce contexte, le chef de l’Etat ukrainien s’efforce depuis des mois de s’extraire des batailles politiques américaines pour ne s’aliéner ni républicains ni démocrates.

Car le soutien politique, militaire et financier de Washington est crucial pour l’Ukraine, plongée dans une profonde crise avec la Russie qui a annexé il y a six ans sa péninsule de Crimée et est accusée de soutenir les séparatistes pro-russes. La guerre dans l’Est du pays a fait plus de 13.000 morts.

Ainsi, si l’enquête contre les Biden n’a pas été ouverte, Kiev a aussi tenté de ménager la Maison Blanche en démentant toute pression indue de Donald Trump.

« L’Ukraine est devenue (un sujet) toxique » aux Etats-Unis, juge Aliona Getmantchouk, directrice du centre d’analyse New Europe à Kiev.

Elle rappelle le récent incident dans lequel Mike Pompeo aurait perdu son sang-froid après avoir été pressé de questions sur l’Ukraine à la radio publique américaine NPR.

Selon une journaliste de NPR, hors micro, le chef de la diplomatie américaine lui a « crié dessus », proférant des insultes et lançant: « vous pensez que les Américains s’intéressent à l’Ukraine? ».

A Kiev, « Pompeo sera très prudent, tant le sujet (des Biden) est sensible », estime dès lors l’expert du Centre Razoumkov Oleksiï Melnyk.

Arrivé jeudi soir depuis Londres, le secrétaire d’Etat américain rencontrera aussi vendredi son homologue Vadym Prystaïko, puis le métropolite Iepifani, chef de la nouvelle Eglise orthodoxe ukrainienne indépendante de Moscou.

M. Pompeo s’entretiendra par ailleurs avec le ministre de la Défense Andriï Zagorodniouk et des représentants de la société civile avant de poursuivre sa tournée à Minsk samedi matin.

 

 

ANI AVEC AFP