galerie Brexit : qu’est-ce qui va changer au 1er février ?

A Londres, Big Ben est à quelques minutes de minuit… et du Brexit©AP Photo / Frank Augstein

Le Parlement européen a déjà ratifié à une large majorité le traité de retrait fixant les modalités du divorce. Le Brexit n’est plus qu’une question d’heure mais que cela veut-il dire concrètement ? Les changements seront-ils immédiats ? La réponse n’est pas si simple…

Vendredi 31 janvier, 23h à Londres, minuit à Bruxelles : le divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne est définitivement prononcé. Mais qu’on se rassure l’idylle ne s’arrête pas là. Après des années de « je t’aime moi non plus », Britanniques et Européens écrivent ensemble une nouvelle page de leur relation tumultueuse car le 1er février 2020 ne marque pas la fin de leur histoire commune.

Voici donc ce qui changera, ou pas, après cette date fatidique…
 

Démographie et citoyenneté

Avec le départ du Royaume-Uni (Angleterre, Écosse, Pays de Galles et Irlande du nord), l’Europe perd 66 millions d’habitants. Sa population passera à 446 millions de personnes et son territoire diminuera de 5,5%. 

Selon les Nations unies, environ 1,2 million de citoyens britanniques vivent dans un pays de l’UE, principalement en Espagne, Irlande, France, Allemagne et Italie. Selon l’office britannique des statistiques, 2,9 millions de ressortissants des 27 pays de l’UE vivent au Royaume-Uni. En vertu de l’accord de retrait, les expatriés installés de part et d’autre de la Manche (avant la période de transition qui court jusqu’au 31 décembre 2020) conserveront leurs droits de résider et de travailler dans leur pays d’accueil. La liberté de circulation s’appliquera durant cette période de transition. Il ne sera donc pas nécessaire d’avoir un visa pour se rendre au Royaume-Uni. La carte d’identité européenne suffit jusqu’à la fin de l’année.

 Des négociations…. encore !

Une nouvelle ère s’ouvre : celle de négociations qui commenceront dès février jusqu’au 31 décembre. Une période de transition où seront discutés les points les plus urgents à régler : circulation des personnes, commerce de biens, pêche, sécurité intérieure et extérieure.

La Commission présentera le 3 février un mandat de négociation, qui devra être approuvé par les Etats membres lors d’une réunion ministérielle le 25 février. Les discussions pourront alors officiellement débuter.
Première échéance : le 1er juillet. Les deux parties ont promis de s’entendre au maximum à cette date butoir sur l’épineux dossier de la pêche.

C’est aussi à cette date qu’il sera décidé de prolonger ou non la période de transition mais le Premier ministre, Boris Johnson, ne veut pas en entendre parler et l’a d’ailleurs inscrit dans la loi britannique. En attendant la fin de la période de transition, le Royaume-Uni restera soumis au droit de l’UE et à la Cour de justice européenne.
 

Que va-t-il se passer aux frontières ?

Pour les voyageurs, rien ne change. Dans les gares Eurostar, les aéroports, au départ des ferries ou sur les routes les conditions seront toujours les mêmes et ce durant toute la période de transition. Le Royaume-Uni ne faisant pas partie de l’espace Schengen, les contrôles aux frontières existaient déjà. Après la période de transition, des visas ne devraient pas être mis en place mais les contrôles seront sans doute plus approfondis. 

Il en est de même pour le transport de marchandises. Jusqu’à la fin de la période de transition il n’y aura pas de taxes d’importation ou de formalités douanières. A partir du 1er janvier 2021, les contrôles aux frontières, les taxations et les contrôles sanitaires changent, dans les deux sens. Tout dépendra de l’accord commercial trouvé entre Londres et Bruxelles durant la période de transition.

Là où la question se complique c’est pour l’île irlandaise.
Depuis 1921, elle est séparée en deux entitées : la République d’Irlande au sud – qui demeure dans l’UE – et l’Irlande du nord intégrée au Royaume-Uni. Si rien ne va changer pendant la période de transition, à partir de 2021, l’Irlande du nord sera soumise à un double régime fiscal. C’est le résultat du compromis trouvé par Boris Johnson avec Bruxelles pour empêcher la réinstauration de frontières au milieu de l’île et préserver les accords du vendredi saint (1998) et la paix avec la République d’Irlande.

Les marchandises arrivant en Irlande du Nord en provenance de pays non membres de l’UE et destinées à rester au Royaume-Uni seront ainsi soumises aux règlementations britanniques. Celles qui sont au final destinées à l’Union européenne, via l’Irlande seront soumises aux règles européennes, notamment la TVA ou les règles phytosanitaires.

 

ANI AVEC AFP