galerie Qui était Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’EI ?

 

Abou Bakr al-Baghdadi, le chef du groupe Etat islamique AFP

«Abou Bakr al-Baghdadi est mort.» Ce dimanche 27 octobre, le président américain Donald Trump a annoncé depuis la Maison-Blanche que le chef de l’Etat islamique Abou Bakr al-Baghdadi avait été tué dans la région d’Idleb (nord-ouest de la Syrie) lors d’une opération militaire américaine. Des médias américains citant des hauts responsables avaient fait état de cette annonce dès la nuit de samedi à dimanche.

«Il était notre priorité nationale», a déclaré le président américain. «Il a passé ses derniers moments dans la peur. Il est mort comme un chien, comme un lâche», en se faisant exploser avec sa veste chargée d’explosifs. «C’était un homme malade et dépravé, et maintenant il est mort», a insisté Donald Trump, remerciant la Russie, la Turquie, la Syrie, l’Irak et les Kurdes pour leur aide.

De son vrai nom Ibrahim Awad al-Badri, Abou Bakr al-Baghdadi serait né en 1971 dans une famille pauvre de la région de Bagdad (Irak). Passionné de football, il échoue à devenir avocat puis militaire avant d’étudier la théologie. Lors de l’invasion américaine de l’Irak en 2003, il crée un groupuscule djihadiste sans grand rayonnement avant d’être arrêté et emprisonné dans la gigantesque prison de Bucca (Irak).

Libéré faute de preuves, il rejoint un groupe de guérilla sunnite sous tutelle d’Al-Qaïda et en prend la tête quelques années plus tard. Profitant du chaos de la guerre civile, ses combattants s’installent en Syrie en 2013 avant une offensive fulgurante en Irak.

Le groupe, rebaptisé Etat islamique, supplante Al-Qaïda, tandis que ses succès militaires initiaux et sa propagande soigneusement réalisée attirent des milliers de partisans du monde entier.

En 2014, Abou Bakr al-Baghdadi fait son unique apparition publique connue à la mosquée al-Nouri de Mossoul (Irak). Il appelle alors tous les musulmans à lui prêter allégeance après avoir été désigné à la tête du califat proclamé par son groupe sur les vastes territoires conquis en Irak et en Syrie.

Plusieurs fois donné pour mort

Les années suivantes, il est annoncé mort à plusieurs reprises. Mais régulièrement, des signes de vie présumés sont diffusés par l’Etat islamique, semant ainsi le doute. En novembre 2016, dans un enregistrement sonore, le présumé Abou Bakr al-Baghdadi exhorte ainsi ses partisans à résister jusqu’au martyre à l’assaut des forces irakiennes sur Mossoul.

En juin 2017, la Russie affirme avoir probablement tué l’Irakien dans un raid fin mai près de Raqqa (Syrie). Mais début septembre, le général américain Stephen Townsend, commandant de la coalition contre Daech en Irak et en Syrie, assure qu’il «ne pense pas qu'[Abou Bakr al-Baghdadi] soit mort». Il estime que le quadragénaire aurait pu fuir dans le désert le long de la vallée de l’Euphrate.

A la fin du mois de septembre de la même année, surgit un autre enregistrement dans lequel la voix d’un homme qui semble être Abou Bakr al-Baghdadi enjoint les partisans de l’EI à «résister». 

«Les chefs de l’État islamique et ses soldats se sont rendus compte que pour obtenir la grâce de Dieu et la victoire, il faut faire preuve de patience et résister face aux infidèles quelles que soient leurs alliances», affirme l’homme.

Abou Bakr al-Baghdadi réapparaît ensuite en avril 2019 dans une vidéo diffusée par le groupe djihadiste Etat islamique, un mois après la chute du califat auto-proclamé.

Pendant son intervention de 18 minutes, l’homme filmé fait d’ailleurs directement référence à cette récente défaite de Daech en Irak et en Syrie. Il assure que l’EI «se vengera» et que le combat contre l’Occident est «une longue bataille».

En septembre 2019, dans un nouveau message audio diffusé sur Telegram, un homme présenté comme le chef de l’Etat islamique appelle ses partisans à «sauver» les djihadistes détenus dans les prisons et leurs familles vivant dans des camps de déplacés.

La France venait de délivrer un mandat d’arrêt

Le même mois, Abou Bakr al-Baghdadi refait parler de lui en France lorsque cinq avocates de victimes du 13-Novembre réclament qu’il fasse l’objet d’un mandat d’arrêt international. Le djihadiste est «nécessairement à l’origine des instructions ayant conduit à la commission des attentats du 13 novembre 2015», estiment ces avocates, qui soulignent que pour leurs clients, «il est important que les décisionnaires soient impliqués dans le dossier et tenus responsables des attentats».

En octobre, la justice française lance finalement un mandat d’arrêt international contre le chef de Daech ainsi que l’ancien porte-parole de l’organisation. Non pas dans le cadre du dossier du 13-Novembre, mais dans celui d’une information judiciaire ouverte par le parquet national antiterroriste pour «direction ou organisation d’association de malfaiteurs terroriste criminelle». Soit quelques semaines seulement avant l’annonce de la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi par Donald Trump ce dimanche 27 octobre.

ANI AVEC AFP