galerie Venezuela: Guaido accuse le gouvernement de Maduro d’avoir « assassiné » un politicien d’opposition

L’opposant vénézuélien Juan Guaido, le 3 septembre 2019 à Caracas afp.com – Matias Delacroix
Le chef de file de l’opposition vénézuélienne Juan Guaido a accusé jeudi le gouvernement de Nicolas Maduro d’avoir « assassiné » un conseiller municipal de Caracas, membre du même parti que lui.

Edmundo Rada, alias « Pipo », a disparu mercredi et son corps a été retrouvé le lendemain « calciné, avec deux balles dans la nuque », a indiqué Juan Guaido lors d’une conférence de presse.

« Il s’agit d’un assassinat perpétré par la dictature (…). Des indices claires montrent que le motif est politique », a encore affirmé le dirigeant d’opposition qu’une cinquantaine de pays reconnaissent comme président par intérim du Venezuela.

Juan Guaido tente d’évincer Nicolas Maduro depuis le mois de janvier. Il qualifie à l’envi le chef de l’Etat de « dictateur » et d' »usurpateur », en raison de la présidentielle « frauduleuse » de 2018 qui lui a permis de se maintenir au pouvoir.

Sans produire de preuves, Juan Guaido a pointé du doigt les Forces d’action spéciales (FAES), une unité d’intervention contre le crime organisé très controversée. Elles sont accusées par des ONG locales de violations des droits de l’Homme et d’exécutions extrajudiciaires et la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme Michelle Bachelet a appelé à leur dissolution.

En début de soirée, les autorités ne s’étaient pas exprimées sur la mort d’Edmundo Rada, qui était conseiller de Sucre, une des municipalités de Caracas, et appartenait à Voluntad Popular, le même parti que Juan Guaido. Il était très engagé socialement à Petare, un quartier populaire de la capitale vénézuélienne, ville où le taux de criminalité est l’un des plus élevés d’Amérique latine.

Juan Guaido a également relevé que la découverte du corps d’Edmundo Rada était concomitante de l’élection du Venezuela au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, un choix critiqué par des ONG, les Etats-Unis et plusieurs pays latino-américaines hostiles à Nicolas Maduro.

« Le jour où un mécanisme de l’ONU permet qu’une dictature comme celle de Maduro prenne place dans un siège baigné de sang, (…) on assassine Edmundo Rada », a-t-il déclaré.

Dans un rapport publié en juillet, Michelle Bachelet s’était alarmée de l' »érosion de l’Etat de droit » au Venezuela.

Elle avait indiqué que 5.287 personnes ont péri en 2018 dans des cas relevant de la « résistance à l’autorité », selon des chiffres fournis par le gouvernement vénézuélien. Entre le 1er janvier et le 19 mai de cette année, 1.569 autres personnes ont été tuées, toujours selon Caracas.

 

 

ANI AVEC AFP