galerie Les financements contre le VIH et la tuberculose en recul important, alerte MSF


AFP / J-P. Muller
Pour la première fois depuis plus de 10 ans, les financements internationaux et nationaux en vue de lutter contre le VIH, responsable du sida, ont diminué, en recul d’un milliard $ dans les pays à revenus faibles et intermédiaires, alerte lundi Médecins sans frontières (MSF).

De même, le déficit pour les programmes de lutte contre la tuberculose atteint 3,5 milliards $ par an, indique l’ONG, citant des chiffres de l’ONU. 

Ce rapport est basé sur des études menées dans neuf pays (Centrafrique, RDC, Swaziland, Guinée, Kenya, Malawi, Mozambique, Myanmar, Zimbabwe) où MSF gère des programme de lutte contre le sida et la tuberculose.

Il en ressort que le manque de financement international et de ressources dans ces pays cause déjà des lacunes importantes dans les services de dépistage, de prévention et de prise en charge, ainsi que des ruptures de stock de médicaments essentiels.

Les programmes destinés aux «populations clé» et leurs besoins spécifiques en pâtissent également. Et la situation risque de s’aggraver.

En Guinée notamment, les décès liés au VIH et à la tuberculose ont augmenté de respectivement 7 et 5% entre 2010 et 2016, tandis que les subventions du Fonds mondial ont baissé de 17% entre les périodes 2015-2017 et 2017-2019. En République centrafricaine, au moins 110.000 personnes vivent avec le VIH mais l’allocation actuelle du Fonds mondial ne couvre que 39% des besoins en traitement. Au mois de juillet dernier, le pays a aussi fait face à une rupture massive d’antirétroviraux.

Pour le VIH, un investissement annuel de 26 milliards $ est requis pour atteindre l’objectif à l’horizon 2030. Cependant, cet investissement n’atteignait que 19 milliards $ en 2018. Concernant la tuberculose, le financement total nécessaire pour les programmes de lutte était estimé à 10,4 milliards $ en 2018, mais à peine 6,9 milliards étaient disponibles cette année-là.

« Partager le fardeau »

«Certains pays analysés dans ce rapport sont en proie à des conflits ou des problèmes politiques et économiques. Pourtant, ils subissent des pressions pour mobiliser rapidement des moyens supplémentaires pour le VIH et la tuberculose, alors que leurs budgets sont déjà restreints et que le financement des donateurs est insuffisant», précise le Dr. Philips, l’un des auteurs du rapport.

Ceux-ci demandent une évaluation de la capacité réelle des pays à augmenter leurs ressources en santé à court terme. «Partager le fardeau du financement avec les pays affectés peut être positif, car cela montre que chacun doit contribuer à l’enveloppe», ajoute-t-il. «Mais cette approche doit être adaptée à la réalité de chaque pays. Partager le fardeau ne signifie pas transférer ce fardeau. Surévaluer la capacité d’un pays à mobiliser des ressources nationales met en danger les programmes de santé et la vie des personnes.»

Une conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre la sida, la tuberculose et le paludisme se tiendra mercredi et jeudi à Lyon.

 

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