galerie Ces miliciens russes morts en Libye qui embarrassent Moscou

Des démineurs mercenaires russes près de Benghazi

Plusieurs dizaines de mercenaires russes auraient été tués près de Tripoli alors qu’ils combattaient aux côtés des forces du maréchal Haftar.

C’est une déroute embarrassante pour Moscou. Le mois dernier, 35 mercenaires russes auraient péri en Libye, tués dans un raid aérien aux abords de la capitale Tripoli. Selon le site russophone Meduza, basé en Lettonie, les soldats appartenaient à la milice privée Wagner, créée par un oligarque proche de Vladimir Poutine.

Ils combattaient aux côtés des forces du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est libyen, engagé dans une lutte contre le gouvernement libyen d’union nationale (GNA).

Au cours des combats, un chef de l’organisation aurait été gravement blessé et rapatrié en urgence dans un hôpital de Saint-Pétersbourg : Alexander Kuznetsov, alias « Ratibor », commandant de la première compagnie d’assaut.

Autrefois emprisonné pour vols et kidnapping, l’homme figure en 2016 sur une photo du Kremlin à la droite de Poutine. Ce jour-là, il reçoit pour la quatrième fois l’ordre du Courage.

Wagner n’en est pas à son coup d’essai. Le groupe a déjà dépêché ses mercenaires dans 13 pays d’Afrique. En Centrafrique, ils assurent la sécurité des autorités locales, tout en exploitant des mines de diamants et d’or.

En début d’année, au Soudan, ils volent au secours du président Béchir sans pouvoir empêcher son renversement par la rue. Enfin, ces dernières semaines, 200 d’entre eux débarquent au Mozambique avec 3 hélicoptères d’attaque. Leur mission ? Venir en aide au gouvernement aux prises avec une rébellion djihadiste.

C’est en 2018 que les premiers membres de Wagner foulent le sol libyen. Le maréchal Haftar les a vus agir en Syrie. Ils ont participé à la libération de Palmyre et d’Alep. Il est convaincu qu’ils peuvent l’aider à conquérir Tripoli. L’officier, autrefois au service du colonel Kadhafi, se rend à Moscou.

Il rencontre le ministre de la Défense Sergueï Choïgou et un homme au crâne chauve, Evgueni Prigozhin, surnommé le « chef cuisinier » de Poutine. C’est lui le fondateur de Wagner. Il gère une dizaine de restaurants de luxe, les cantines de l’armée et une usine de trolls accusée d’ingérence dans la campagne présidentielle américaine.

Haftar a besoin de lui. En échange d’une aide militaire, il promet aux Russes « du pétrole, des chemins de fer, des autoroutes, tout ce qu(‘ils veulent) ».

En mars, à la veille de son offensive sur la capitale, 300 mercenaires russes sont à pied d’œuvre.

Des anciens de Syrie mais aussi du Donbass, la région orientale de l’Ukraine en guerre contre Kiev. Ils progressent avec les troupes d’Haftar, mais se retrouvent bloqués à la périphérie de la ville. Tous cantonnés sur une même position.

Imprudents ?

Pris par surprise ?

L’attaque venue des airs fauche leurs rangs. Parmi les hypothèses avancées,celle d’un bombardier des forces aériennes turques présentes aux côtés du GNA.

Une hécatombe qui rappelle les pertes subies par Wagner en Syrie. En février 2018, dans la région de Deir ez-Zor, ce sont les avions américains qui ont stoppé une offensive des troupes de Damas appuyées par Wagner. Plusieurs dizaines de mercenaires russes y ont trouvé la mort.

Quant à Prigozhin, surpris sur une vidéo aux côtés d’Haftar et de Choïgou, il était là pour assurer les repas, affirment les officiels russes.

Qu’importe, sur le continent africain et ailleurs, Wagner apparaît désormais comme l’instrument destiné à restaurer la grandeur de la Russie. Une priorité aux yeux de Poutine. Témoin, le sommet Russie-Afrique organisé les 23 et 24 octobre à Sotchi. Le chef du Kremlin y recevra une quarantaine de dirigeants africains. Et son « chef cuisinier » Prigozhin le suivra sûrement de près.

 

 

LE POINT