galerie Les corps d’un migrant et de sa fille noyés rapatriés au Salvador

Le funérarium où ont été transportées les dépouilles du migrant salvadorien Oscar Martinez et de sa fille Angie Valeria, le 30 juin 2019 à San Salvador afp.com - MARVIN RECINOS

La photo des corps du père, Oscar Alberto Martinez, 25 ans, et de sa petite fille Angie Valeria, qui allait avoir 2 ans, gisant au bord du Rio Grande avait suscité l’émotion de la communauté internationale. Elle est devenue un symbole du drame de l’immigration vers les Etats-Unis.

Des corbillards accompagnés d’une longue caravane ont ramené les corps au village de La Hachadura, près de la frontière du Guatemala. Les victimes seront enterrées lundi dans un cimetière de la périphérie de la capitale San Salvador, après avoir été veillées durant la nuit dans un funérarium.

Les deux migrants se sont noyés le 23 juin et leurs corps ont été découverts sur la rive mexicaine du Rio Grande, dans les environs de Matamoros, dans l’Etat mexicain de Tamaulipas.

« Oscar et son bébé sont devenus une icône qui attire l’attention au niveau national et international sur le drame de la migration, qui se produit depuis longtemps », a déclaré à l’AFP Cesar Rios, directeur de l’Institut salvadorien du migrant (Insami).

Il a souligné que dans le flux de migration venant du Salvador et des autres pays d’Amérique centrale vers les Etats-Unis, « il y a tous les jours un mort ou un disparu » en raison des multiples risques que rencontrent les candidats à l’émigration.

Le cas d’Oscar Martinez et de sa fille illustre « l’inefficacité des politiques menées par les gouvernements » qui ne parviennent pas à « garantir une vie digne » à leurs citoyens et « la possibilité pour les jeunes de se projeter dans l’avenir », a estimé M. Rios.

Il a rappelé que la majorité des flux migratoires vers les Etats-Unis sont dus à la pauvreté et à l’insécurité qui règnent dans les pays de départ.

« Le Salvador est en deuil », a déclaré Miguel Montenegro, coordinateur de la Commission des droits de l’Homme (CDHES), une ONG salvadorienne. « La mort d’Oscar et de sa fille oblige à une réflexion sur les causes qui provoquent le départ des personnes » vers l’exil, a-t-il dit.

Le niveau de pauvreté et le « désespoir » de ne pas pouvoir améliorer leurs conditions de vie sur place sont tels que les gens n’hésitent pas à risquer leur vie pour y échapper, a souligné M. Montenegro. Tant que persisteront les causes qui poussent à l’exode, le Salvador continuera à déplorer des tragédies, a-t-il ajouté.

 

 

 

ANI AVEC AFP

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