galerie Centrafrique:Des magistrats manquent à Obo

Etat de délabrement avancé du Tribunal de Grande Instance de la ville d’Obo dans la Haut Mbomou, le 22 juin 2019

 

Les habitants de la ville d’Obo dans le Haut Mbomou déplorent l’absence quasi-totale des magistrats dans la région. Les infrastructures devant permettre à la chaîne pénale d’être efficace, notamment la maison carcérale et le palais de justice, sont dans un état défectueux.

Selon les habitants, depuis plusieurs années, aucun magistrat n’est présent dans la localité. Cette situation laisse libre court à la montée de l’impunité et de la violation des droits humains. « La justice est bloquée », s’est inquiétée un jeune commerçant de la ville d’Obo pour qui la faute n’incombe pas au « Président du Tribunal ou au Procureur de la République. Le Tribunal de Grande Instance et la maison d’arrêt  » n’existent pas.

L’absence quasi-totale de la chaîne pénale à Obo impacte de manière négative la population. « L’impunité a pris le dessus avec comme corollaire la montée de la criminalité », s’est plaint un étudiant qui n’a pas pu poursuivre ses études à Bangui. Pour lui « depuis 20 ans, la ville d’Obo ne dispose pas d’une maison carcérale » soulignant que « depuis presque 10 ans, il n’y a qu’un ou deux gendarmes à Obo ».

« Nous prions le gouvernement de prendre ses responsabilités afin d’installer la chaîne pénale dans toutes les villes de la République Centrafricaine », a souhaité une dame qui a requis l’anonymat.

L’insécurité favorise la pénurie de viande bœuf sur le marché à Obo

Depuis trois semaines et selon les bouchers de la ville, la viande de bœuf est devenue rare sur le marché. Trois raisons principales expliquent cette rareté : l’insécurité sur les axes de transhumance, l’éloignement des éleveurs et la hausse des prix des bœufs.

« Aujourd’hui, les éleveurs ont fui la ville d’Obo à cause de l’insécurité », a mentionné Aroun Ali, un boucher de la ville. L’éloignement de ces éleveurs n’est pas sans conséquence sur le commerce des bouchers. « Une bête coûte entre 250 et 280 mille francs Cfa. Nous, bouchers, n’en tirons pas profit », a regretté Aroun Ali.

Face à cette pénurie de viande de bœuf sur le marché, les bouchers sollicitent l’appui des autorités en charge de l’élevage. « Si le gouvernement peut nous aider en rabaissant le prix, par exemple un kilogramme à 1500 francs Cfa, cela pourrait nous favoriser », a-t-il souhaité.

Même le prix de la viande de brousse connait une flambée. L’augmentation des prix de cartouche sur le marché, l’insécurité et le démarrage des travaux champêtres sont les quelques raisons évoquées.

 

 

RNL

Publicités