galerie Coup de projecteur sur le futur avion de combat européen au 53e salon du Bourget

Le président Emmanuel Macron, en compagnie de la ministre des Armées Florence Parly et du patron de Dassault Aviation Eric Trappier, au salon du Bourget le 17 juin 2019afp.com – BENOIT TESSIER

L’urgence climatique et les questions de sécurité, avec la crise de l’avion vedette 737 MAX du constructeur aéronautique américain, vont largement occuper les esprits lors de cette grand-messe internationale du secteur.

Les dirigeants de Boeing ont multiplié les signes d’humilité lundi pour tenter de regagner la confiance de tous, après les deux crashes du 737 MAX, qui ont fait 346 morts.

« Nous sommes sincèrement désolés pour les pertes de vies humaines », a déclaré Kevin McAllister, le patron de la branche aviation commerciale du géant de Seattle. Tous les exemplaires de cet avion en service sont cloués au sol depuis mars.

« La sécurité est sacrée dans cette entreprise », a-t-il ajouté en assurant que Boeing mettait tout en place pour faire en sorte que « de tels accidents ne se reproduisent plus jamais ». Et si l’avionneur fait tout son possible pour une reprise des vols du MAX au plus tôt, il a souligné que ce sont les « régulateurs qui décideront de la date de retour en service » de l’avion.

La star de cette première journée du salon, la maquette de l’avion de combat franco-allemand, a été dévoilée en présence du président français Emmanuel Macron.

De couleur grise et avec des lignes effilées et en forme d’aile delta, elle esquisse les possibles traits du futur chasseur (NGF, Next Generation Fighter), au cœur du « système de combat aérien du futur » (SCAF) destiné à remplacer les actuels Rafale et Eurofighter d’ici à 2040.

Les ministres française des Armées, Florence Parly, et allemande de la Défense, Ursula Von der Leyen, ainsi que leur homologue espagnole Margarita Robles ont signé sur le stand de l’industriel Dassault un accord-cadre appelé à structurer les relations entre les trois pays autour du projet SCAF, qui associera avion de combat, drones, futurs missiles de croisière et essaims de drones.

« Ce projet prend désormais une dimension résolument européenne: l’Espagne a rejoint officiellement le programme ce matin », s’est félicitée Mme Parly.

Reste pour Paris et Berlin à annoncer le lancement des études de recherche et développement pour un montant de 150 millions d’euros sur deux ans, destinées à jeter les bases d’un démonstrateur d’ici 2026. Ce contrat devrait être finalisé « au deuxième semestre 2019 », a assuré Mme Parly.

Le système aérien de combat du futur est au coeur de l’ambition d’Emmanuel Macron de faire avancer l’Europe de la défense, alors que les Etats-Unis vendent déjà leur F-35 à plusieurs pays européens.

« Notre autonomie politique et opérationnelle repose d’abord sur une autonomie technologique et industrielle. Cela veut dire développer une industrie européenne. Que les trois quarts des pays européens achètent américain, ce n’est plus envisageable aujourd’hui », a souligné la ministre française des Armées.

– Urgence climatique –

Sur le plan de l’aéronautique civile, ce 53e salon du Bourget se tient sous des auspices plutôt favorables en termes de croissance du trafic aérien, avec un doublement prévu d’ici 20 ans de la flotte d’avions dans le monde, à 44.000 appareils selon les projections de Boeing.

Elles font état d’une demande d’avions commerciaux évaluée à 3.100 milliards de dollars d’ici à 2028.

Mais les industriels du secteur sont appelés à redoubler d’efforts pour construire des avions moins polluants et atteindre l’objectif de réduire de moitié les émissions de dioxyde de carbone (CO2) en 2050 par rapport au niveau de 2005, sous l’exigence environnementale croissante des jeunes générations.

Emmanuel Macron a appelé lundi à « ne pas commencer à faire de l’anti-avion ». « L’avion, il faut le moderniser », a-t-il déclaré, en souhaitant « une industrie en Europe plus ambitieuse sur le plan industriel et technologique ».

« Notre rôle est de s’assurer que tout le monde nous suit et qu’on n’a pas des Chinois et des Américains qui ne respectent pas les mêmes règles du jeu (en matière de réduction des émissions en CO2, NDLR) et qui en quelque sorte gagnent de la compétitivité parce qu’ils sont moins écologiques », a-t-il ajouté.

Le transport aérien contribue à hauteur d’au moins 2% aux émissions mondiales de CO2. Selon des chiffres de l’Agence européenne de l’environnement, ses émissions de dioxyde de carbone dépassent largement celles des autres modes de transport.

Côté constructeurs, le salon, habituellement l’occasion pour Airbus et Boeing de rivaliser en termes de nombre de commandes, sera un exercice compliqué pour l’avionneur américain.

Interrogé sur la concurrence avec Airbus, qui a annoncé lundi le lancement d’une version aux capacités étendues de son moyen-courrier A321 XLR, Kevin McAllister s’est contenté de répondre que Boeing conservait une « formidable » gamme d’avions

 

 

 

 

ANI AVEC AFP