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Marathon de Paris: dans l’oeil du cyclone, Calvin bat un record en sursis

La Française Clémence Calvin lors du marathon de Paris, le 14 avril 2019 afp.com – Thomas SAMSON

Quatrième en 2 h 23 min 41 sec, Clémence Calvin a largement battu le record de France de la distance de Christelle Daunay (2h24:22; en 2010) pour son deuxième marathon seulement après avoir été vice-championne d’Europe à Berlin en 2018.

« Je me suis accrochée jusqu’au bout, n’en déplaise à mes détracteurs », a indiqué Clémence Calvin en zone mixte, avant de passer par un contrôle antidopage.

« Il n’y avait qu’une très faible minorité de personnes malveillantes (…) J’ai le courage de ceux qui tiennent le coup et qui sont plantés comme la Tour Eiffel. Je n’ai peur de rien ni de personne », a-t-elle continué.

Mais son record ne sera peut-être que provisoire: Clémence Calvin reste sous le coup d’une procédure disciplinaire de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Le dossier va maintenant être instruit, ce qui peut prendre plusieurs semaines, avant qu’elle passe devant la commission des sanctions de l’agence.

Elle risque quatre ans de suspension et l’annulation de ses performances réalisées après son infraction si celle-ci est reconnue, donc de son record de France, comme le prévoient le code mondial antidopage et le code du sport en France.

« On est tous dans l’attente, a indiqué à l’AFP le champion du monde du 400 m haies Stéphane Diagana, consultant pour France télévisions. Si on imagine qu’elle est totalement innocente dans l’affaire, ça va être une tristesse absolue pour elle et ses proches. Si elle est coupable, ce sera d’une tristesse absolue pour le sport, pour tous les amoureux de l’athlétisme. »

– Deux enquêtes –

Le record de dimanche conclut une semaine folle: Clémence Calvin, suspendue provisoirement mercredi par l’AFLD, n’a été autorisée à courir qu’après la levée vendredi de sa suspension provisoire par le Conseil d’Etat, qui a estimé qu’elle n’avait pas eu l’opportunité de défendre son cas.

L’AFLD l’accuse de s’être soustraite à un contrôle le 27 mars à Marrakech, tout comme son mari et entraîneur Samir Dahmani, également athlète international français, pour obstruction au contrôle.

L’athlète accuse elle le directeur des contrôles de l’AFLD Damien Ressiot de violences et assure que les contrôleurs ne s’étaient pas présentés comme tel, des allégations niées en bloc par les intéressés. Elle a porté plainte pour « violences et menaces » en début de semaine au Maroc.

Suivie de près par les acteurs de l’antidopage français, Clémence Calvin est ciblée en parallèle par une enquête du Parquet de Marseille pour « infractions à la législation sur les produits dopants ». Son domicile à Martigues a été perquisitionné vendredi sans qu’aucun produit dopant ne soit découvert.

– Minima olympiques pour Amdouni –

Dans ce contexte flou quant au futur de sa performance, Calvin a largement réalisé les minima pour les Jeux olympiques de Tokyo en 2020 (2h29:30.).

Une performance également réussie par le champion d’Europe du 10.000 m Morhad Amdouni, qui a ébloui en terminant 8e et premier Français en 2 h 09 min 14 sec pour son premier essai sur les 42,195 km. Nicolas Navarro, 10e en 2h11:53. et Florian Carvalho, 11e en 2h12:53, ont manqué de peu les minima fixés à 2h11:30.

« Je savais que j’étais capable de faire quelque chose sur les longues distances, s’est réjoui Morhad Amdouni en zone mixte. Le but était d’apprendre à connaître la discipline. Le chrono est pas mal pour un début ».

En haut des classements l’Ethiopie a trusté les places sur les podiums: Gelete Burka (33 ans) a remporté la course féminine en 2 h 22 min 47 sec devant ses compatriotes Azmera Gebru (à 5 sec) et Azmera Abreha (à 48 sec).

Burka, vice-championne du monde en 2015 sur 10.000 m, a placé une forte accélération dans le dernier kilomètre pour se détacher de ses concurrentes.

Sous le soleil et avec une température fraîche bienvenue sur marathon (environ 6 degrés), l’Ethiopien Abrha Milaw (31 ans) a dominé la course masculine en 2h07:05. devant son compatriote Asefa Mengistu (à 19 sec) et le double tenant du titre Paul Lonyangata (à 24 sec) qui sauve l’honneur du Kenya.

Après être longtemps resté au sein d’un petit peloton, Milaw a placé l’accélération gagnante à quelques kilomètres de l’arrivée sur l’avenue Foch, objectif des 49.155 coureurs au départ ce matin (selon l’organisation qui comptait 60.000 inscrits).

 

 

ANI AVEC AFP

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par AFRIQUE NEWS INFO Posté dans FRANCE