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« Gilets jaunes »: quelques milliers de manifestants pour l’acte 22, principalement à Toulouse

Un homme porte une croix avec une pancarte illustrant la hausse du prix de l’essence, lors de la manifestation des « gilets jaunes », le 13 avril à Parisafp.com – Thomas SAMSON

« Le grand débat, grand blabla », « Macron on n’attend rien de vos annonces », pouvait-on lire sur les pancartes du petit cortège parisien.

« Pour que le mouvement s’arrête il faudrait qu’il annonce le RIC (référendum d’initiative citoyenne) et la baisse de la TVA sur les produits de première nécessité », explique Phil, un brancardier de 58 ans, protestataire depuis le premier jour du mouvement, le 17 novembre.

A Toulouse, « capitale » du jour pour les manifestants, la tension est un peu montée entre le cortège et les forces de l’ordre, qui ont lancé gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes pour réduire le périmètre de la manifestation, interdite de centre-ville et de place du Capitole.

En début d’après-midi, dans le centre, une remorque de chantier et une camionnette ont été incendiées.

« Vous avez vu: tout se passait bien et ils nous gazent » s’est indigné auprès de l’AFP Maxime Nicolle, dit Fly Rider, une des figures du mouvement, venu en renfort dans la ville, tout comme Priscillia Ludosky, autre figure des « gilets jaunes ».

Cette manifestation, comme celles de Bordeaux (quelques centaines de personnes), Laval (environ 400), sont les premières à se dérouler sous le coup de la loi anticasseurs, particulièrement ciblée par les « gilets jaunes ».

Le texte laisse au pouvoir « encore plus la liberté de faire tout et n’importe quoi » contre le mouvement, a déploré Mme Ludosky.

« Ma liberté de donner mon opinion aujourd’hui elle m’est interdite, si je me masque le visage on peut me mettre en garde à vue, je suis scandalisée », s’indigne dans le cortège toulousain Pauline, une trentenaire « gilet jaune » de la première heure, venue de l’Ariège voisine.

Pour Sophie Tissier, autre personnalité du mouvement, qui manifeste à Paris, « cette loi est une atteinte à notre droit de manifester » et « va ouvrir la voie à des dérives de la part de la police ».

– « Etat répressif » –

Le cortège parisien a d’ailleurs rejoint en début d’après-midi, Place de la République, la marche pour « la liberté de manifester », organisée par plusieurs associations (dont LDH, Amnesty, Attac, Unef, SOS Racisme…), contre ce dispositif, partiellement censuré par le Conseil constitutionnel et dont une cinquantaine d’organisations ont demandé l’abrogation.

« Cette loi transforme notre pays en un Etat répressif où on sera bientôt interdit de manifester et de pointer le bout de son nez dehors », a affirmé un militant communiste au départ de la Place de la République.

Promulgué jeudi, le texte autorise notamment les fouilles de sacs et de véhicules dans les manifestations et à ses abords, et crée un délit de dissimulation volontaire du visage puni d’un an d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende.

Cette loi a été votée après plusieurs samedi marqués par des scènes d’émeutes urbaines, notamment à Bordeaux et Paris sur les Champs Elysées, qui ont fait le tour du monde.

La préfecture de police y a d’ailleurs, pour la troisième fois consécutive, interdit tout rassemblement sur les Champs-Élysées et les rues perpendiculaires. Régulièrement imposées depuis la mi-mars, les interdictions partielles de manifester concernent aussi nombre d’autres villes: Lille, Lyon, Montauban…

La semaine dernière, l’acte 21 avait rassemblé 22.300 personnes sur l’ensemble du territoire, selon l’Intérieur, soit le plus faible décompte officiel depuis le 17 novembre. Sur la page Facebook du « Nombre jaune », les « gilets jaunes » revendiquaient, eux, plus du triple.

La possibilité d’un sursaut, en riposte à la tentative de reprise en main du chef de l’Etat inquiète pourtant, comme s’en est fait l’écho le ministre de l’Intérieur. « La menace semble plus forte pour le 20 avril, vous avez vu un certain nombre d’appels qui invitent quasiment à détruire Paris. Je crois qu’aujourd’hui, on a perdu tout le sens de la manifestation, on a perdu tout le sens de la revendication, il n’y en a plus. C’est le rituel du samedi », a déploré M. Castaner.

Pour Jérôme, un militant CGT de 47 ans, c’est surtout le 1er mai qui va attirer. « On s’attend à beaucoup de monde. Les syndicats commencent déjà à rameuter des gens, on est dans un bras de fer avec Macron. C’est le premier qui lâche qui perd ».

 

 

ANI AVEC AFP

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par AFRIQUE NEWS INFO Posté dans FRANCE