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A deux mois de la CAN, l’Egypte toujours au stade des promesses

Le trophée de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) présenté au Caire, le 28 décembre 2018afp.com – MOHAMED EL-SHAHED

Camps d’entraînement des 24 sélections, procédures d’obtention de visa pour les supporters, plateformes d’achat de tickets… Tout sera clarifié « après le tirage au sort » organisé vendredi, assure Nathalie Rabe, directrice de la communication de la CAF.

La CAN est l’événement sportif le plus important du continent. L’Egypte l’accueillera du 21 juin au 19 juillet pour sa première édition en été et au format agrandi, avec 24 équipes au lieu de 16 auparavant.

Mastodonte du football en Afrique, le pays avait été désigné en janvier par la Confédération africaine de football (CAF) comme le meilleur choix pour remplacer au pied levé le Cameroun, à qui l’organisation avait été retirée en raison de retards.

Mais depuis, de nombreuses questions sur l’organisation restent sans réponse, souligne un bon connaisseur du dossier, qui a requis l’anonymat, et décrit un « climat délétère ».

– « Réprimande » de la CAF –

Selon cet expert, la CAF a sévèrement « réprimandé » le comité égyptien chargé d’organiser la compétition, lui reprochant notamment un manque de concertation et ses déclarations tapageuses à la presse.

La semaine dernière, le comité avait publiquement protesté contre la CAF, l’accusant de ne pas accorder suffisamment d’accréditations aux médias égyptiens pour la couverture du tirage au sort, par rapport aux médias internationaux.

« Ils n’ont pas compris que dans cette compétition tout relève de la CAF », regrette l’expert.

« Ça se passe bien », assure Mme Rabe, qui n’a pas souhaité commenter les divergences publiques entre la CAF et le comité.

Ce dernier a publié le mois dernier une liste de ces six stades, pas encore officialisée par la CAF, via son compte Twitter non certifié et rédigé exclusivement en arabe – seuls 4 pays africains sélectionnés sur 24 sont à majorité arabophone.

« Nous avions le choix entre 10 stades et nous en avons sélectionné six », a déclaré à l’AFP Mohamed Fadl, l’ancien international égyptien qui préside ce comité.

Parmi les six élus, trois se trouvent au Caire (Stade international du Caire, stade de la Défense aérienne, stade Al-Salam) aux côtés des stades d’Alexandrie, de Suez et d’Ismaïlia.

Pressentis, ceux de Borg al-Arab et de Port Saïd n’ont pas été retenus. Interrogé par l’AFP, M. Fadl a catégoriquement refusé de commenter l’absence de ces deux lieux, assurant qu’il n’avait jamais été question de les intégrer à cette liste.

« La plus grande inquiétude actuellement porte sur la qualité des stades et des terrains (…) mais ils devraient être prêts pour la compétition », explique à l’AFP Hatem Maher, journaliste sportif à Ahram Online.

– « Dernier espoir » –

Si le comité publie régulièrement des photos des pelouses sélectionnées, peu d’informations sont révélées à leur sujet, y compris sur l’accueil du public lui-même.

Pourtant, l’organisation de la CAN est régulièrement présentée par les responsables comme une occasion de favoriser le tourisme en Egypte, en berne depuis le soulèvement populaire de 2011 puis un attentat contre un avion russe en 2015 ayant fait plus de 200 morts.

Contacté par l’AFP, le ministère du Tourisme a assuré n’avoir pas connaissance de l’existence d’un plan particulier destiné à attirer et faciliter la venue des visiteurs étrangers, notamment africains, durant la CAN.

« La décision (de l’Egypte) d’organiser la compétition était seulement destinée à montrer au monde que le pays en était capable », estime M. Maher, qui n’y voit « aucune utilité réelle » pour un pays en pleine crise économique.

Mahmoud Diaa, du site « Goal » en arabe, y voit néanmoins un « dernier espoir » pour l’Egypte d’améliorer la situation et l’image du football dans le pays.

« Mais malheureusement, jusqu’à présent, nous n’avons vu aucun indicateur en ce sens à l’exception du fait que les stades sont en train d’être rénovés », déplore-t-il.

 

 

ANI AVEC AFP

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