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Libye: Guterres réclame « un cessez-le-feu », l’ONU va préparer un texte

Le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres (G) s’adresse à la presse, accompagné de Ghassan Salame (D), l’envoyé spécial de l’ONU pour la Libye, à Benghazi le 5 avril 2019afp.com – Abdullah DOMA

« Il est encore temps d’arrêter » les affrontements, « encore temps d’avoir un cessez-le-feu, d’éviter le pire », a déclaré à des médias le secrétaire général des Nations unies après deux heures et demie de discussions avec le Conseil.

« Nous avons besoin de relancer un dialogue politique sérieux », a-t-il ajouté, en reconnaissant que son appel au maréchal Khalifa Haftar de ne pas entreprendre d’offensive sur la capitale, alors qu’il se trouvait en visite en Libye, « n’avait pas été entendu ».

Selon des sources diplomatiques, le secrétaire général de l’ONU n’a pas éludé le fait que l’offensive sur Tripoli avait représenté « un camouflet » pour les Nations unies et lui-même.

Avant la Libye, Antonio Guterres était passé par l’Egypte, soutien avec les Emirats Arabes Unis et l’Arabie saoudite de Khalifa Haftar.

« Antonio Guterres était avec Fayez al-Sarraj (qui dirige à Tripoli le Gouvernement d’union nationale) quand ça a attaqué et le lendemain il voyait Haftar », rappelle un diplomate.

Selon une autre source diplomatique, le secrétaire général, « transparent et honnête », a reconnu devant le Conseil de sécurité avoir été « pris par surprise ». Sans citer de noms de pays, il a aussi clairement indiqué « avoir senti lors de sa rencontre avec Haftar que ce dernier avait eu un feu vert » de ses soutiens pour lancer son offensive.

– « Enlisement des fronts » –

Le maréchal Haftar « a cru qu’il pouvait l’emporter rapidement mais c’est une erreur » et « la réalité du terrain évoquée par Antonio Guterres devant les 15 membres du Conseil est celle d’un enlisement des fronts », a-t-on précisé de source diplomatique.

Aujourd’hui, en dépit d’un embargo sur les armes de l’ONU largement ignoré, « chaque partie va demander à ses soutiens de l’armement » pour pouvoir dominer l’autre et donc « la priorité absolue est d’avoir un cessez-le-feu », a dit en substance, « alarmiste », le secrétaire général.

Il a demandé en conséquence aux pays soutenant les belligérants de faire pression sur eux pour éviter une surenchère en armements qui alimenteraient la possibilité de combats urbains meurtriers, a précisé un diplomate.

Au cours de la discussion, un projet du Royaume-Uni a été évoqué pour faire adopter par le Conseil une « déclaration présidentielle » ou « une résolution » réclamant l’arrêt des combats, une relance du processus politique et réaffirmant un soutien clair à l’émissaire de l’ONU sur le terrain, Ghassan Salamé.

« Personne ne s’est opposé » à l’adoption d’un nouveau texte qui pourrait être adopté dans les jours à venir, a rapporté un diplomate.

Vendredi, le Conseil avait déjà appelé dans une déclaration à un arrêt de l’offensive du maréchal Haftar, mais en vain.

 

 

 

ANI AVEC AFP

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