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Libye : combats violents près de Tripoli, réunion du Conseil de sécurité de l’ONU

Image diffusée le 10 avril 2019 par la page Facebook de l’Armée nationale libyenne de Khalifa Haftar qui mène une offensive sur Tripoli, siège du gouvernement reconnu par la communauté internationale. Elle montre un char et des hommes de l’ANL devant la caserne du 4e Bataillon à Aziziyah, 40 km au sud de la capitaleafp.com – –

La réunion a commencé à huis-clos, à l’invitation de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne, pour discuter d’un projet de résolution demandant un cessez-le-feu, au moment où les combats s’intensifient aux portes de Tripoli, selon des diplomates de l’ONU.

L’Armée nationale libyenne (ANL) de l’homme fort de l’est du pays, le maréchal Haftar, qui mène depuis jeudi dernier une offensive vers Tripoli, a affirmé avoir pris aux troupes du loyalistes une caserne à une cinquantaine de km au sud de la capitale.

Les forces du maréchal Haftar semblent avancer sur deux axes: par le sud et le sud-est, où des combats violents opposaient l’ANL à des forces loyales au Gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli.

A une trentaine de km au sud de la capitale, l’aéroport international de Tripoli, inutilisé depuis des combats en 2014, est aussi le théâtre de combats, selon des journalistes de l’AFP dans le secteur.

– Violents combats –

« Pour le moment, c’est toujours le jeu du chat et de la souris », lance sur la route de l’aéroport un commandant d’un groupe armé loyal au GNA.

« Ca tire à l’artillerie lourde et aux obus. L’aéroport est sur la ligne de front aujourd’hui. C’est très dangereux pour vous », explique cet officier pour justifier son interdiction à une équipe de l’AFP de s’approcher des combats.

A Ain Zara, plus à l’est, une ville de la banlieue de Tripoli parsemée de fermes agricoles, les combats font rage.

Après une percée dans cette zone, située à une dizaine de kilomètres au sud de Tripoli, des combattants de l’ANL, les force du GNA ont réussi à les repousser plus au sud.

Sur l’avenue principale de cette ville, bordée de commerces et de maisons, un monticule de sable érigé par les forces pro-GNA sépare désormais les deux camps, selon des journalistes de l’AFP sur place.

« Les affrontements se sont intensifiés. Nous avons peur de quitter la maison (…). Ca tape fort! », a indiqué à l’AFP par téléphone une habitante du quartier.

Le Croissant-Rouge libyen a indiqué que ses équipes avaient pu « intervenir mercredi matin pour évacuer des civils dans les zones de combats ». L’organisation n’a pour l’instant accès qu’aux zones contrôlées par le GNA, et de façon discontinue.

Dans un pays plongé dans le chaos depuis la chute du régime Kadhafi en 2011, les organisations internationales craignent que les civils ne fassent une nouvelle fois les frais des violences. Quelque 4.500 personnes ont déjà été déplacées par les combats, selon l’ONU.

Le centre d’analyses International Crisis Group (ICG) a estimé pour sa part qu’un « déploiement plus important de combattants » ou « une intervention militaire extérieure » en Libye pourraient précipiter une « catastrophe humanitaire ».

– « Catastrophe humanitaire » –

Selon le dernier bilan du ministère de la santé du GNA arrêté dimanche soir, au moins 35 personnes ont été tuées depuis jeudi.

Le centre d’analyses International Crisis Group (ICG) a mis en garde mercredi dans un rapport contre une « catastrophe humanitaire » dans ce pays.

Selon le centre d’analyses, « l’ANL pourrait capturer Tripoli (…) à la seule condition que ses adversaires changent de camps ou fuient comme ce fut le cas dans le centre et le sud » du pays.

Il a toutefois jugé que cette perspective était incertaine, « car les deux côtés semblent de force égale sur le plan militaire ».

Les combats compromettent le processus politique, et le report, annoncé mardi, de la Conférence nationale libyenne prévue du 14 au 16 avril à Ghadamès paraissait inéluctable.

En préparation depuis plusieurs mois par l’ONU, elle devait permettre de dresser une « feuille de route » à même de sortir le pays du chaos.

L’émissaire de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, devait s’exprimer à ce sujet devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

Soutenu par une autorité basée dans l’est du pays mais non reconnue internationalement, le maréchal Haftar espère étendre son emprise sur l’ouest de ce pays pétrolier, alors qu’il contrôle déjà l’est et –plus récemment– le sud.

Mais, en face, les forces loyales au GNA de Fayez al-Sarraj affirment être déterminées à mener une contre-offensive généralisée.

– L’Otan « préoccupée » » –

Le porte-parole de l’ANL, Ahmad al-Mesmari, a accusé le GNA de s' »allier avec des milices islamistes ».

« La bataille n’est plus aux mains de (Fayez) al-Sarraj. Elle est désormais aux mains des terroristes », a-t-il dit mardi, citant notamment des milices venues de Misrata (200 km à l’est de Tripoli).

L’Otan est « profondément préoccupée » par les combats entre forces rivales en Libye, a dit mercredi son secrétaire général Jens Stoltenberg, appelant à une solution politique, « seul moyen de garantir la paix et la stabilité pour tous les Libyens ».

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a rappelé « toutes les parties » à « leur obligation, en vertu du droit international, de garantir la protection des civils et des infrastructures civiles ».

Le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Filippo Grandi, a demandé d' »épargner les civils, notamment les réfugiés et les migrants bloqués » en Libye.

L’Unicef a indiqué de son côté que « près d’un demi-million d’enfants à Tripoli et des dizaines de milliers d’autres dans les régions occidentales » étaient « directement menacés ».

 

 

 

ANI AVEC AFP

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