Galerie

Le Brésil de Bolsonaro divisé au 55e anniversaire du coup d’Etat militaire

Le président brésilien Jair Bolsonaro (c) et le vice-président Hamilton Mourao (d) reçoivent la médaille de l’Ordre du mérite militaire, le 28 mars 2019 à Brasiliaafp.com – Sergio LIMA

À Rio de Janeiro, le cortège doit partir en milieu d’après-midi de Cinelandia, place emblématique du centre-ville, tandis que des manifestants doivent se retrouver au Parc Ibirapuera, poumon vert de Sao Paulo.

Les appels à la manifestation de syndicats et mouvements de défense des droits de l’Homme se sont multipliés cette semaine sur les réseaux sociaux, après l’annonce du porte-parole de la présidence demandant à ce que cet anniversaire soit « commémoré comme il se doit » dans les casernes.

Une juge de Brasilia a décidé vendredi soir d’interdire toute commémoration, considérant qu’elle est « incompatible avec le processus de reconstruction démocratique » promue par la Constitution de 1988, mais une autre magistrate, d’une cour d’appel, a annulé cette décision samedi.

Avant cette passe d’armes judiciaire, plusieurs régiments avaient déjà pris les devants, célébrant cet anniversaire jeudi et vendredi, avec la lecture d’un message du ministre de la Défense Fernando Azevedo e Silva, pour qui les militaires ont servi de rempart à « une escalade vers le totalitarisme ».

Le Parquet fédéral avait condamné une « initiative qui sonne comme une apologie de la pratique d’atrocités », ajoutant que ces cérémonies sont « incompatibles avec l’Etat de droit démocratique ».

Face à la polémique, le président lui-même a nuancé ses propos jeudi, affirmant qu’il ne s’agissait pas de « commémorer, mais de se remémorer » cette épisode de l’histoire brésilienne.

Selon un rapport publié en 2014 par la Commission nationale de la vérité, 434 assassinats ont été perpétrés au cours des 21 ans de régime militaire, sans compter les centaines de détentions arbitraires et cas de torture d’opposants.

Mais au Brésil, de nombreuses personnes considèrent encore que la dictature était une période faste où régnait l’ordre, malgré la répression, et même si le « miracle économique » qui a contribué au développement du pays s’est vite essoufflé avec le choc pétrolier de 1973.

Jair Bolsonaro, 64 ans, ex-capitaine de l’armée dont le gouvernement comprend huit militaires parmi les 22 ministres, n’a jamais caché son admiration pour les années de plomb.

Avant d’être élu président, quand il était député, M. Bolsonaro s’est mis en scène plusieurs années de suite dans des vidéos devant le ministère de la Défense, un fumigène en main, pour célébrer la date du 31 mars.

En 2016, lors du vote de destitution de la présidente de gauche Dilma Rousseff à la Chambre des députés pour maquillage des comptes publics, il avait dédié son vote au colonel qui était chef du renseignement sous la dictature et un tortionnaire notoire.

 

 

 

 

ANI AVEC AFP

Publicités