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Syrie: Ankara continuera de combattre une milice kurde malgré les menaces de Trump

Montage réalisé le 11 août 2018 montrant le président turc Recep Tayyip Erdogan (G) photographié à Ankara le 26 janvier 2018 et le président américain Donald Trump (D) à Washington le 30 juillet 2018afp.com – ADEM ALTAN, SAUL LOEB

La Turquie a affirmé lundi qu’elle continuerait de combattre les forces kurdes en Syrie, en dépit des menaces de Donald Trump de « dévaster » l’économie turque en cas d’attaque d’Ankara contre ces milices soutenues par Washington après le retrait américain prévu.

L’avertissement musclé du président américain est survenu alors qu’Ankara menace depuis plusieurs semaines de lancer une nouvelle offensive contre les Unités de protection du peuple (YPG), un groupe armé kurde considéré comme « terroriste » par Ankara mais appuyé par Washington dans la lutte contre l’organisation Etat islamique (EI).

Les Etats-Unis vont « dévaster la Turquie économiquement si elle attaque les Kurdes », a tweeté Donald Trump, qui a aussi appelé à la création d’une « zone de sécurité » de 30 kilomètres, sans plus de précisions sur sa localisation. Il a exhorté par ailleurs les forces kurdes à ne pas « provoquer » Ankara.

Répondant au tweet du président américain, le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, a déclaré: « M. @realDonaldTrump les terroristes ne peuvent pas être vos partenaires et alliés (…) Il n’y a aucune différence entre l’EI (…) et les YPG. Nous continuerons de les combattre tous ».

Les YPG sont l’un des principaux sujets de discorde entre la Turquie et les Etats-Unis, deux alliés au sein de l’Otan dont les relations se sont sensiblement dégradées depuis 2016.

« La Turquie continuera sa lutte contre le terrorisme avec détermination », a renchéri, également sur Twitter, le directeur de la communication de la présidence turque, Fahrettin Altun, affirmant qu’Ankara « n’est pas l’ennemi des Kurdes », et que seuls les « terroristes » seraient ciblés.

« Que la source du terrorisme soit idéologique, religieuse ou ethnique, peu importe pour nous. Le terrorisme, c’est du terrorisme et il doit être asséché à la source. C’est exactement cela que fait la Turquie en Syrie », a-t-il ajouté.

– « Optimiste » –

L’annonce en décembre du retrait américain de Syrie avait été saluée par Ankara qui ne cache pas son intention de lancer une offensive contre les YPG pour empêcher la création à ses portes d’un embryon d’Etat kurde susceptible de raviver les velléités séparatistes kurdes en Turquie.

Mais Ankara avait par la suite réagi vivement à des déclarations de responsables américains selon lesquels les Etats-Unis envisageaient de conditionner le retrait des soldats américains à la sécurité des combattants kurdes.

Une visite la semaine dernière à Ankara du conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton, n’a pas permis de surmonter les désaccords, donnant lieu au contraire à une nouvelle passe d’armes entre les deux pays au sujet des forces kurdes.

Les menaces de M. Trump interviennent alors que le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, effectue une tournée au Moyen-Orient, destinée notamment à rassurer les alliés de Washington au sujet du retrait américain de Syrie.

M. Pompeo s’est ainsi déclaré samedi « optimiste » sur la protection des forces Kurdes syriennes malgré le retrait américain de Syrie, tout en concédant aux Turcs « le droit de défendre leur pays des terroristes ».

La perspective de nouvelles sanctions économiques contre Ankara a fait chuter la livre turque à l’ouverture lundi, lui faisant perdre plus d’1,3% de sa valeur face au dollar par rapport à vendredi soir.

Un dollar s’échangeait ainsi contre 5,52 livres turques vers 08H00 GMT.

Des sanctions économiques imposées par les Etats-Unis contre la Turquie l’été dernier en raison de la détention d’un pasteur américain avaient provoqué l’effondrement de la devise turque. La libération du pasteur en octobre avait permis à la livre de se redresser.

La Turquie est avec la Russie et l’Iran l’un des principaux acteurs en Syrie.

Si Ankara semble actuellement concentrer ses efforts sur une éventuelle offensive contre les forces kurdes, il est aussi impliqué à Idleb, ultime bastion insurgé du nord-ouest de la Syrie, où il a parrainé avec Moscou en septembre un accord de cessez-le-feu qui a permis d’éviter une attaque du régime.

En dépit de cet accord, les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS) ont étendu leur contrôle sur l’ensemble de la province à la suite d’un assaut contre des factions rebelles soutenu par Ankara.

La Coalition nationale syrienne, principale formation de l’opposition en exil, a réclamé dimanche une « solution radicale » pour « mettre fin » à cette présence des HTS à Idleb.

 

 

ANI Avec AFP

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