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Cesare Battisti, arrêté en Bolivie, sur le point d’être expulsé vers l’Italie

Photo fournie le 13 janvier 2019 par la police bolivienne de l’ex-militant d’extrême gauche italien Cesare Battisti après son arrestation afp.com – HO

Cesare Battisti, un ex-activiste d’extrême gauche italien condamné à la prison à perpétuité en Italie pour quatre meurtres, devait être expulsé dimanche de manière imminente vers Rome, après son arrestation samedi en Bolivie.

« Cesare Battisti rentrera en Italie dans les prochaines heures, avec un vol en partance de Santa Cruz », dans l’est de la Bolivie, « et direct vers Rome », a écrit sur son compte Facebook le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, après s’être entretenu par téléphone avec le président brésilien Jair Bolsonaro.

Après quelques heures d’hésitation sur une éventuelle escale au Brésil, la Bolivie a également annoncé que l’ex-activiste serait expulsé directement vers l’Italie.

Le gouvernement italien a dépêché dimanche matin un avion vers l’Amérique latine dans l’espoir d’aller immédiatement chercher son ressortissant, qui avait fui voici un mois le Brésil sur le point de l’extrader.

Vers 17h40 GMT, cet avion survolait le territoire brésilien.

Les prisons italiennes attendent Cesare Battisti « non pas à cause de ses idées politiques, mais bien pour les quatre crimes qu’il a commis ainsi que pour divers délits liés à la lutte armée et au terrorisme », a commenté le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte.

Condamné par contumace à la réclusion à perpétuité pour quatre homicides et complicité de meurtres dans les années 70 en Italie, Cesare Battisti, 64 ans, vivait en exil au Brésil depuis 2004, après avoir passé près de 15 ans en France. Il a toujours clamé son innocence.

Jair Bolsonaro a félicité dimanche sur Twitter « les responsables de la capture du terroriste Cesare Battisti ».

En 2010, ce dernier avait bénéficié d’une décision du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, du Parti des Travailleurs (PT), qui avait bloqué son extradition vers l’Italie pourtant autorisée par la Cour suprême.

« Enfin, justice sera faite (concernant) l’assassin italien, qui partage les idées d’un des gouvernements les plus corrompus qui aient existé au monde », a commenté dimanche le président Bolsonaro, qui a surfé sur un fort rejet du PT pour remporter la présidentielle haut la main le 28 octobre.

Le 13 décembre, un juge de la Cour suprême du Brésil avait ordonné l’arrestation de Cesare Battisti « en vue d’une extradition ».

L’acte d’extradition avait été signé le lendemain par le président conservateur Michel Temer, auquel Jair Bolsonaro a succédé le 1er janvier. Mais les autorités brésiliennes avaient ensuite perdu sa trace. Selon une source gouvernementale bolivienne, il est entré « de manière illégale dans le pays ».

Le fils du président brésilien, le député Eduardo Bolsonaro, a commenté l’arrestation en italien sur Twitter: « le Brésil n’est plus une terre de bandits. Matteo Salvini, le +petit cadeau+ va arriver ».

– La prison, pas « la plage » –

Le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini a remercié les forces de l’ordre italiennes et étrangères qui ont permis l’arrestation d' »un délinquant qui ne mérite pas une vie confortable à la plage, mais mérite de finir ses jours en prison ».

Le chef de La Ligue (extrême droite), homme fort de l’Italie, n’a pas manqué aussi d’adresser des remerciements à Jair Bolsonaro, son nouvel allié.

Cesare Battisti avait été repéré « avec certitude » en Bolivie, la semaine dernière à Santa Cruz, où une opération avait été préparée avec la police bolivienne, a-t-on appris auprès du gouvernement italien.

« Battisti a été arrêté dans la rue, il n’était pas armé et n’a pas opposé de résistance. Il a répondu à la police en portugais et montré un document brésilien qui confirmait son identité. Désormais l’Italie l’attend », ont ajouté des sources au ministère de l’Intérieur.

Une vidéo prise par la police italienne peu avant l’arrestation montre Cesare Battisti déambulant dans la rue, titubant légèrement, méconnaissable derrière des lunettes noires et portant barbe et moustache.

Selon le quotidien italien Corriere della sera, qui a été le premier à annoncer la capture, sa barbe et sa moustache sont fausses.

Son arrestation a été unanimement saluée en Italie, à droite comme à gauche. Le président de la République Sergio Mattarella espère que Cesare Battisti sera « rapidement remis à la justice italienne, afin qu’il purge sa peine pour les graves crimes » commis en Italie.

Alberto Terrigiani, dont le père, un bijoutier, a été assassiné en février 1979 par un commando organisé par Cesare Battisti, s’est réjoui son arrestation, ont rapporté les médias italiens.

« Je crois que cette fois c’est la bonne », a commenté cet homme, devenu paraplégique à l’âge de 15 ans à cause de l’attentat perpétré voici quarante ans. « C’est impossible qu’il ne soit pas extradé en Italie », a-t-il ajouté.

 

 

 

 

ANI Avec AFP

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