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Maroc: Rabat dément une « extradition de complaisance » d’un responsable saoudien

Un avion militaire arrive de la capitale marocaine Rabat à l’aéroport de Ouarzazate le 5 avril 2015.

Turki ben Bandar ben Mohamed ben Abderrahmane al-Saoud, un ancien haut responsable de la police saoudienne, a été arrêté le 11 novembre 2015 à l’aéroport de Casablanca avant d’embarquer pour Paris.

Selon une source diplomatique à Rabat, Turki ben Bandar ben Mohamed ben Abderrahmane al-Saoud, un ancien haut responsable de la police saoudienne, a été arrêté le 11 novembre 2015 à l’aéroport de Casablanca avant d’embarquer pour Paris « en vertu d’un mandat d’arrêt international émis (le même jour) par Ryad pour troubles à l’ordre public via internet et crimes financiers ».

« Recherché par Interpol », il a été extradé le lendemain vers l’Arabie saoudite, a indiqué la même source ayant requis l’anonymat.

« Il n’y a eu ni complaisance ni exception », a-t-elle affirmé, en réaction à des informations publiées par différents médias américains et français qui laissaient entendre qu’il avait été ramené de force en Arabie saoudite.

Jeudi, le journal français Le Monde a publié un article sur les « disparitions de dissidents saoudiens » et expliqué que M. ben Bandar était opposé à la famille royale saoudienne en raison d’un « contentieux foncier » et qu’il « postait des vidéos sur YouTube appelant à des réformes ».

Il a « été discrètement arrêté au Maroc par les autorités locales, puis transféré vers l’Arabie saoudite », a indiqué le journal.

« Selon des enquêtes convergentes du Guardian et de la BBC, en l’espace de cinq mois, entre septembre 2015 et février 2016, trois princes saoudiens, qui vivaient en exil en Europe, ont été ramenés de force dans leur pays et ne sont pas réapparus depuis », a rapporté Le Monde.

D’après le journal anglais The Guardian, M. ben Bandar avait fait une demande d’asile en France.

« Le Maroc tient à rappeler que tous les actes d’extradition se fondent toujours sur une décision de justice, conformément aux procédures internationales et dans le respect total de la législation nationale », a indiqué vendredi le ministère marocain de la Justice dans un communiqué.

L’article du Monde a été publié dans la foulée de la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, un éditorialiste critique du pouvoir de Ryad, qui n’a plus donné signe de vie depuis son entrée au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul le 2 octobre.

Des responsables turcs ont affirmé qu’il y avait été assassiné par des agents saoudiens. Ryad dément et affirme qu’il a quitté le bâtiment.

Le ministre saoudien de l’Intérieur, le Prince Abdelaziz Ben Saoud Ben Nayef Ben Abdelaziz, se trouvait à Rabat cette semaine pour des entretiens consacrés à la coopération bilatérale et a rencontré le roi Mohamed VI à cette occasion, selon l’agence officielle MAP.

 

 

 

ANI Avec AFP

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