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Le pasteur libéré attendu par Trump, qui prédit d' »excellentes » relations avec Ankara

Le pasteur Brunson escorté par la police, le 25 juillet 2018 à Izmirafp.com – STRINGER

Le pasteur américain Andrew Brunson est attendu samedi à la Maison Blanche par Donald Trump qui a « remercié » la Turquie pour sa libération et prédit un spectaculaire réchauffement des relations après une grave crise diplomatique entre les deux pays alliés.

L’homme d’église libéré vendredi par la justice turque au terme d’une longue détention était, après une brève escale en Allemagne, en vol vers Washington où il devait atterrir vers midi (16H00 GMT).

Il « sera avec moi dans le Bureau ovale à 14H30 (18H30 GMT) », « ce sera magnifique de le voir et de le rencontrer », a annoncé le président des Etats-Unis sur Twitter.

« C’est un grand chrétien qui a vécu une expérience tellement difficile », a ajouté le milliardaire républicain, qui avait fait de sa libération une priorité et peut donc savourer une victoire qui devrait satisfaire la partie évangélique de son électorat à moins d’un mois d’élections législatives délicates.

Donald Trump a, pour la première fois, « remercié » samedi son homologue turc Recep Tayyip Erdogan « pour son aide », et exprimé sa « grande reconnaissance ». La libération de l’ex-détenu au coeur d’un bras de fer sans précédent entre Washington et Ankara « va conduire à des relations bonnes, voire excellentes, entre les Etats-Unis et la Turquie », a-t-il prédit.

– Condamné mais libéré –

Le tribunal turc d’Aliaga, dans la région d’Izmir, a condamné vendredi le pasteur à trois ans et un mois de prison pour soutien à des « organisations terroristes » — les séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et le réseau du prédicateur Fethullah Gülen, accusé par Ankara d’avoir orchestré le putsch manqué de 2016.

Des accusations rejetées en bloc par cet homme de 50 ans, qui dirigeait une petite église protestante d’Izmir. Ainsi que par l’administration américaine, qui avait mis une pression inédite sur le gouvernement turc pour obtenir la libération de cet « innocent ».

Malgré cette condamnation, la justice turque l’a remis en liberté immédiatement en soulignant notamment qu’il avait déjà passé un an et demi en prison et plus de deux mois en résidence surveillée.

La crise diplomatique alimentée par cette affaire entre ces deux pays alliés au sein de l’Otan a provoqué un effondrement en août de la livre turque et mis en lumière les fragilités de l’économie turque, lorsque Washington a haussé le ton et imposé des sanctions.

Après cette escalade, au cours de laquelle les Etats-Unis avaient menacé de nouvelles mesures punitives, les deux camps avaient semblé jouer l’apaisement, donnant l’impression qu’une sortie de crise était négociée en coulisses.

Donald Trump a de nouveau assuré samedi qu’il n’y avait eu « aucun accord avec la Turquie », tandis que la présidence turque a réitéré que la justice de son pays était « indépendante » et « impartiale » et n’avait donc pas cédé à la pression américaine.

Ce dénouement devrait en tout cas permettre de retrouver un peu de sérénité au moment où les deux gouvernements ont besoin de coopérer pour faire la lumière sur la disparition à Istanbul du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, mais surtout au sujet du conflit syrien qui envenime également leurs relations depuis plusieurs mois.

Selon un diplomate occidental, alors que les Turcs sont dans une situation délicate face au risque d’une bataille d’envergure à Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie frontalier de la Turquie, les Américains rechignaient à afficher leur soutien diplomatique en attendant la libération du pasteur, de peur de relâcher la pression.

– Nombreux contentieux –

Pour autant, les contentieux ne sont pas tous dissipés.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a appelé Ankara à « libérer rapidement » les autres Américains toujours détenus en Turquie ainsi que des employés locaux de la diplomatie américaine.

Le sort du prédicateur Gülen, installé aux Etats-Unis et dont Ankara réclame, jusqu’ici en vain, l’extradition, est un autre dossier qui mine les relations.

Tout comme celui de la banque publique turque Halkbank, qui risque une amende colossale aux Etats-Unis et dont l’ex-directeur général adjoint Mehmet Hakan Atilla a été condamné en mai à 32 mois de prison par la justice américaine pour contournement des sanctions américaines contre l’Iran.

La Turquie s’expose enfin à de mesures punitives américaines si elle mène à leur terme deux projets controversés: la poursuite d’importations de pétrole iranien après l’application de nouvelles sanctions des Etats-Unis en novembre, et l’acquisition de de systèmes de défense antiarienne S-400 russes.

 

 

ANI Avec AFP

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par AFRIQUE NEWS INFO Posté dans EUROPE

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