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Les rebelles au Yémen annoncent la mort de leur chef politique

Le plus haut responsable politique des rebelles Houthis au Yémen, dont la mort a été annoncée lundi, s’exprime lors d’une manifestation à Sanaa marquant le 3e anniversaire de l’intervention de la coalition menée par Ryad au Yémen, le 26 mars 2018 afp.com – MOHAMMED HUWAIS

Le plus haut responsable politique des rebelles au Yémen, Saleh al-Sammad, a été tué par une frappe aérienne attribuée lundi par les insurgés à la coalition militaire menée par l’Arabie saoudite dans le pays en guerre.

Il s’agit d’un coup très dur pour les rebelles Houthis qui luttent contre le pouvoir yéménite aidé depuis mars 2015 par cette coalition militaire de plusieurs pays dirigée par l’Arabie saoudite, voisine du Yémen.

Sur un autre front du conflit, des dizaines de personnes participant à une cérémonie de mariage ont été tuées ou blessées dans des frappes dans le nord-ouest du Yémen présentées par les rebelles comme une nouvelle bavure de la coalition.

Dans un communiqué diffusé par l’agence de presse Saba, les rebelles Houthis ont affirmé que Sammad, chef du Conseil politique suprême de la rébellion, était « tombé en martyr » le 19 avril dans une frappe sur la province de Hodeida (ouest).

Début avril, Saleh al-Sammad avait proclamé 2018 « l’année balistique par excellence », en allusion aux missiles tirés contre le royaume saoudien par les rebelles.

Depuis novembre, les Houthis ont tiré plusieurs missiles balistiques vers l’Arabie saoudite voisine, qui ont été interceptés par la défense anti-aérienne.

Lundi, les médias d’Etat saoudiens ont annoncé l’interception de deux nouveaux missiles balistiques tirés par les Houthis vers la province de Jizan (sud).

La chaîne de télévision Al-Massirah, contrôlée par les rebelles, a affirmé qu’un missile avait visé une installation de l’entreprise pétrolière saoudienne Aramco. Ryad n’a rien dit à ce sujet.

Le chef suprême des rebelles Houthis est Abdel Malek al-Houthi, qui n’apparaît que très rarement en public et cultive l’image d’un guide spirituel.

Frappes meurtrières sur un mariage –

Ailleurs au Yémen, des dizaines de personnes -de 23 à 33 morts, et de 40 à 55 blessés selon différentes sources médicales et de l’administration locale- ont été tuées ou blessées dimanche soir à Bani Qais dans la province de Hajja, au nord-ouest de Sanaa.

Les circonstances exactes des raids survenus n’ont pas été établies.

L’organisation Médecins sans frontières (MSF) a indiqué que l’hôpital qu’elle soutient à Hajja avait admis 63 blessés, dont des enfants, « certains dans un état critique ». Ces raids sont « parmi les plus dévastateurs dans la région ces derniers mois », a affirmé MSF.

D’après des secouristes et les médias des rebelles Houthis, deux tentes de mariage ont été touchées par les frappes et une trentaine d’enfants figurent parmi les blessés, dont trois ont été amputés.

Sollicité par l’AFP, le porte-parole de la coalition, le colonel saoudien Turki al-Maliki, n’a pas immédiatement commenté les informations.

Pays pauvre de la péninsule arabique, le Yémen est entré en mars dans la quatrième année d’une guerre entre rebelles et forces progouvernementales soutenues par la coalition militaire menée par Ryad.

L’Iran, grand rival chiite de l’Arabie saoudite sunnite et accusé d’armer les Houthis, a condamné les frappes. « Les attaques contre les quartiers résidentiels et les objectifs civils (…) sont des violations des principes humanitaires ».

– « Nouveau crime » –

L’agence de presse Saba, contrôlée par les Houthis, a qualifié les raids de « nouveau crime génocidaire des Saoudiens ».

Ce n’est pas la première fois que des fêtes de mariage au Yémen sont touchées par des bombardements imputés à la coalition: en septembre 2015, 131 personnes ont péri dans la région de Mokha (sud-ouest) et 28 dans la province de Dhamar (centre) le mois suivant.

La fréquence des attaques contre ce genre de cérémonies soulève des questions. Dans certains cas, les mariages donnent lieu à des rassemblements d’hommes en armes qui les célèbrent en tirant en l’air. Dans d’autres, les mariés reçoivent la visite de rebelles venant les féliciter dans des cortèges de véhicules militaires.

Quoi qu’il en soit, les bavures sont souvent le résultat de mauvaises informations, soulignent des experts.

Par le passé, la coalition a reconnu, après enquête, certaines « erreurs » et promis d’affiner ses règles d’engagement militaires.

Le conflit au Yémen a fait près de 10.000 morts, plus de 54.000 blessés et provoqué « la pire crise humanitaire du monde », selon l’ONU, qui peine à relancer un processus de paix.

 

 

ANI Avec AFP

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