En sanctionnant Pékin, Trump s’appuie sur le consensus anti-chinois

Les sanctions que Donald Trump s’apprête à prendre contre la Chine dans le domaine de la propriété intellectuelle devraient recueillir un large soutien lui permettant de ressouder sa majorité mise à mal par les divergences sur la réforme du système de santé.

Des sanctions commerciales sont attendues très prochainement dans ce secteur, une démarche soutenue également par les Démocrates.

La protection de la propriété intellectuelle — marques, brevets, dessins et modèles — est un enjeu majeur pour les entreprises américaines en Chine.

Plutôt sceptiques face aux différentes sanctions prises par le président Trump et son administration depuis son arrivée au pouvoir, les spécialistes du commerce s’accordent à dire qu’il est temps d’agir pour faire respecter ces règles.

« Je ne leur fais pas confiance en raison de leurs motivations nationalistes dans le domaine économique mais dans ce cas, ils ont pour le moins partiellement raison », estime ainsi Claude Barfield de l’American Enterprise Institute.

Les entreprises américaines, à l’unisson de leurs homologues européennes, dénoncent depuis longtemps la législation chinoise, qui les oblige à partager entre autres leurs secrets industriels.

Les services du représentant américain au commerce (USTR) dénonçaient eux-mêmes en avril la violation de la propriété intellectuelle, « largement répandue en Chine ».

Vols de secrets commerciaux, piratage en ligne rampant ou exportation de produits contrefaits, « la Chine exige (en outre) des entreprises américaines qu’elles développent leur propre propriété intellectuelle en Chine ou qu’elles la transfèrent à des entités chinoises, condition sine qua non pour accéder au marché chinois », notait-il.

De leur côté, les entreprises telles que Apple ou Google n’osent pas défier la Chine, par crainte de se voir priver de l’accès au deuxième plus grand marché de la planète.

Lors de la campagne présidentielle, Donald Trump avait agité le spectre d’une taxation à 45% des importations chinoises pour s’attaquer au déficit commercial avec la Chine qui s’est élevé à 309 milliards de dollars l’an passé.

Il avait toutefois adouci sa position après son arrivée au pouvoir, privilégiant la voie de la coopération, escomptant de la Chine un coup de pouce dans le dossier nord-coréen.

Faute d’effet visible — Pyongyang a procédé à des tirs de missile balistique , le président américain a commencé par lancer des sanctions unilatérales dans les secteurs de l’aluminium et de l’acier.

« Si Trump avait le sentiment que la coopération portait ses fruits sur le dossier de la Corée du Nord, il ne monterait sans doute pas en régime » sur les sanctions commerciales, a commenté Gary Clyde Hufbauer, expert auprès de l’Institute for International Economics à Washington.

– Soutien démocrate –

Or un dispositif légal sur le commerce dit « Section 301 » donne au président américain toute latitude en matière de représailles commerciales.

Selon les experts interrogés, celles-ci pourraient prendre la forme de droits de douane visant particulièrement les entreprises détenues par l’Etat chinois.

La Maison Blanche pourrait aussi imposer des restrictions sur des investissements chinois aux Etats-Unis.

La Section 301 avait été largement utilisée sous l’ère Reagan, à l’encontre du poids lourd de l’époque, le Japon.

Les experts redoutent néanmoins des représailles chinoises sous la forme de taxes douanières ou de plaintes auprès de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). Pékin dénoncera également le protectionnisme américain, thème toujours porteur auprès de son opinion publique.

Sur le plan intérieur, Donald Trump devrait bénéficier du soutien des démocrates pour cette initiative.

Le chef des démocrates au Sénat Chuck Schumer a lui-même exhorté mercredi Donald Trump à agir rapidement contre la Chine.

Mais ces nouvelles sanctions mettraient fin à la façade des bonnes relations que Donald Trump et son homologue Xi Jinping ont affecté de nouer au printemps en scellant un « plan d’action de 100 jours ».

Ces liens avaient débouché sur des réalisations ponctuelles comme des les premières exportations de viande de boeuf américain vers la Chine depuis 2003.

Mi-juillet, une journée de pourparlers économiques entre les Etats-Unis et la Chine s’était toutefois conclue sans avancée majeure, Washington réclamant une relation commerciale plus « équitable et réciproque ».

 

 

Avec AFP

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Publié le 4 août 2017, dans ASIE. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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