Affaire Grégory: Murielle Bolle retrouve la liberté sous contrôle judiciaire

 

AFP / PHILIPPE DESMAZESL’avocate des époux Villemin, Me Marie-Christine Chastant-Morand (C) arrive à la cour d’appel de Dijon, le 4 août 2017

C’est « un soulagement » pour Murielle Bolle et ses avocats: la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon a accepté vendredi de remettre en liberté sous contrôle judiciaire ce témoin clé de l’affaire Grégory qui se trouvait en détention provisoire depuis le 29 juin.

« La détention de Mme Bolle était un scandale, sa remise en liberté est normale », a lancé l’un de ses avocats, Me Jean-Paul Teissonnière, après l’annonce de la décision prise par la formation de trois magistrats présidée par Claire Barbier, en charge du dossier.

La libération de Murielle Bolle est assortie d’un strict contrôle judiciaire. Hébergée dans la Nièvre (alors qu’elle réside habituellement dans les Vosges), elle ne pourra pas sortir du département et devra pointer deux fois par semaine auprès des forces de l’ordre.

Elle a également interdiction de tout contact avec la presse ainsi qu’avec les protagonistes du dossier, mais pourra voir son compagnon et ses enfants.

« Le résultat de ce soir est un soulagement » et « une étape importante » avant de « la sortir définitivement de la situation judiciaire dans laquelle elle est », a ajouté Me Teissonnière.

 

AFP / Sabrina BLANCHARDChronologie de l’affaire Gregory, assassiné en 1984, relancée près de 33 ans après les faits.

 

Agée de 48 ans, Murielle Bolle a été mise en examen fin juin pour enlèvement suivi de mort. Adolescente à l’époque des faits, elle avait accusé son beau-frère Bernard Laroche du rapt du garçon de quatre ans retrouvé mort dans la rivière Vologne, avant de se rétracter.

– Violences familiales –

Pour le parquet général, qui avait requis le maintien en détention, le revirement de la jeune fille de 15 ans s’explique par des violences familiales subies à l’époque. Il estimait que de nouvelles pressions n’étaient pas à exclure.

Le 4 juillet, la chambre de l’instruction avait ainsi décidé de la maintenir en prison en attendant notamment qu’une solution d’hébergement sans contact avec sa famille puisse être trouvée.

Vendredi, les magistrats ont considéré « que le maintien en détention de Murielle Bolle n’est pas nécessaire » à la poursuite de l’instruction, s’est félicité un autre de ses avocats, Me Christophe Ballorin.

« La raison de droit a enfin prévalu dans ce dossier qui pour l’instant, il faut bien le dire, marchait sur la tête », a-t-il ajouté.

 

AFP / PHILIPPE DESMAZESLes avocats de Murielle Bolle, Jean-Paul Teissonniere (G) et Christophe Ballorin (D), le 4 août 2017 à Dijon

 

L’affaire Grégory avait été relancée de manière spectaculaire à la mi-juin avec l’arrestation de Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, soupçonnés d’avoir joués les « corbeaux » de l’affaire, en envoyant une série de lettres anonymes très bien renseignées.

Mis en examen pour enlèvement et séquestration suivis de mort, les deux septuagénaires, jamais inquiétés jusqu’alors, avaient été remis en liberté quelques jours plus tard, eux aussi sous contrôle judiciaire strict.

Puis les enquêteurs s’étaient intéressés aux déclarations contradictoires de Murielle Bolle peu après les faits.

– Rétractation le lendemain –

L’accusation est convaincue que Murielle Bolle disait vrai en racontant qu’elle se trouvait dans la voiture de son beau-frère Bernard Laroche, passé prendre le petit Grégory Villemin le 16 octobre 1984, jour de sa mort, avant de le déposer, pensait-elle, chez des amis des parents de l’enfant.

Le 5 novembre 1984, Murielle Bolle avait répété ces déclarations devant le juge d’instruction, qui avait décidé en conséquence d’inculper et d’écrouer Laroche. Mais le lendemain, après une nuit en famille, elle était revenue avec sa mère pour se rétracter.

Un cousin de 54 ans a récemment affirmé avoir assisté ce soir-là à un « lynchage » familial de sa cousine, confortant la thèse d’un revirement forcé.

Mais lors d’une confrontation organisée face à ce cousin il y a une semaine, Murielle Bolle a répété ce qu’elle affirme depuis 32 ans: la version qui incrimine son beau-frère avait été obtenue sous la contrainte des gendarmes et elle n’a jamais été violentée par sa famille.

Selon ses avocats, Murielle Bolle vivait très mal sa détention provisoire, où elle subissait des « insultes, cris de haine, menaces de mort », au point de faire une grève de la faim de cinq jours début juillet.

« On était très inquiets sur la situation qui se dégradait à la maison de détention », a indiqué Me Teissonnière, qui s’est dit « rassuré en partie ce soir ».

 

 

Avec AFP

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Publié le 4 août 2017, dans FRANCE. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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