Venezuela: ce que l’on sait ou pas de la Constituante

Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, a réussi à imposer l’élection d’une Assemblée constituante dimanche, en dépit du rejet de l’opposition et de la réprobation de la communauté internationale.

Que sait-on et qu’ignore-t-on de cette initiative controversée?

– Ce que l’on sait –

– La Constituante sera un « super pouvoir », au dessus de tous les pouvoirs constitués, y compris le Parlement dominé par l’opposition.

« Elle peut tout régénérer, tout créer, c’est le pouvoir des pouvoirs », a affirmé Nicolas Maduro, promettant que cette assemblée apportera « la paix » face aux manifestations qui réclament son départ, et ont fait quelque 120 morts en quatre mois.

Le « manque de limites » de la Constituante met en échec la démocratie, mais « la résistance de la société, le coût de la répression pour le gouvernement et la pression internationale » pourraient les imposer, a déclaré à l’AFP l’analyste Colette Capriles, de l’université Simon Bolivar.

– La nouvelle Constitution sera rédigée par 545 constituants, dont 364 élus en fonction de règles territoriales et 181 par secteurs sociaux. L’opposition, qui a refusé de participer, critique ce « vote corporatiste » défini par M. Maduro.

Face aux accusations de « fraude » pour installer une « dictature », le régime chaviste rétorque qu’elle ouvre la voie à une « démocratie directe ».

– La Constituante sera installée mercredi prochain au Palais législatif, où elle siègera parallèlement au Parlement.

– M. Maduro a assuré que la nouvelle Constitution, qui remplacera celle promulguée en 1999 par le défunt président Hugo Chavez, sera soumise à référendum.

L’analyste Colette Capriles souligne que la Constituante pourra prendre des décisions relevant de l’exécutif et du législatif, ainsi que l’ont annoncé le chef de l’Etat et des hauts fonctionnaires.

L’initiative a été lancée sans consultation préalable par les urnes.

– Certaines des personnalités les plus puissantes du pouvoir en place siègeront à la Constituante, dont le numéro deux du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV, au pouvoir), Diosdado Cabello, ainsi que la ministre des Affaires étrangères, Delcy Rodriguez, et la Première dame, Cilia Flores.

– Ce que l’on ignore –

– La durée de session sera décidée par les constituants.

– Si, étant un « super pouvoir », elle va dissoudre ou non des institutions comme le Parlement ou le Parquet, ainsi qu’en ont menacé de hauts responsables du camp présidentiel.

– La Procureure générale, Luisa Ortega, chaviste qui a rompu avec le président et tenté de freiner le projet via des recours rejetés par la Cour suprême (accusée de servir le gouvernement), a mis en garde contre le risque d' »un système totalitaire ».

– S’il y aura des élections. Une des responsables du pouvoir électoral, Socorro Hernandez, a déclaré que les élections de gouverneurs -prévues en 2016 mais reportées à décembre 2017- dépendront des « décisions » des constituants.

– L’opposition craint que la présidentielle de 2018 soit suspendue.

– La Constituante est « une mesure désespérée » d’un gouvernement qui sait qu’il ne peut convoquer d’élections car il va perdre », a déclaré à l’AFP Diego Moya-Ocampos, analyste d’IHS Markit Country Risk à Londres.

La gestion de M. Maduro et la Constituante sont rejetées par 80% des Vénézuéliens, selon l’institut de sondage Datanalisis.

– Si cette assemblée va lancer une chasse aux sorcières, qui augmenterait le nombre de « prisonniers politique », estimés à environ 500 par l’ONG Foro Penal. Mais l’ex-ministre Delcy Rodriguez assure que la Constituante ne vise pas à « anéantir l’adversaire ».

Selon M. Maduro, l’un des objectifs est d’établir « un dialogue » pour surmonter la crise, mais il a aussi averti que « justice sera faite pour les crimes de la droite » pendant les manifestations.

Le président soutient que la Constituante apportera la stabilité économique dans un pays en faillite, mais les mesures pour y parvenir n’ont pas été détaillées.

Selon le consultant Ecoanalitica, si les manifestations se poursuivent jusqu’à la fin de l’année, le PIB se contractera de 9% en 2017 contre une prévision de -4,3% à l’origine, enchaînant quatre années de chute.

« Avec l’aggravation du conflit, le désinvestissement et les sanctions (internationales), la crise que nous voyons n’est que la pointe de l’iceberg », estime Luis Vicente Leon, président de Datanalisis.

 

 

Avec AFP

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Publié le 31 juillet 2017, dans AMÉRIQUE LATINE. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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