Zacharie, chef de la «dynastie» des Noah, s’est éteint dans son Cameroun natal

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Il était le patriarche d’une famille de géants du sport. L’ancien footballeur camerounais Zacharie Noah, père du plus grand tennisman français de l’ère moderne, Yannick, et grand-père du basketteur international Joakim, joueur de NBA, s’est éteint ce dimanche 8 janvier 2017 dans sa ville natale de Yaoundé. Il avait gagné la Coupe de France en 1961 avec Sedan.

Depuis quelques années, il luttait contre une longue maladie. « Ce dimanche matin à Yaoundé, Zacharie Noah nous a quittés, paisiblement dans son sommeil. Il est parti entouré de toute sa famille », a-t-on appris en ce 8 janvier 2017 via le compte Twitter de Yannick Noah, actuellement à la tête des équipes de France masculine et féminine de tennis.

Zacharie Noah était entré dans l’imaginaire collectif français en 1983. Fou de joie après la victoire de son fils en finale du tournoi de Roland-Garros, il s’était alors joué des services de sécurité pour rejoindre le court et tomber dans les bras de Yannick, fruit de son union avec l’institutrice Marie-Claire Noah, disparue en 2012.

Le 5 juin 1983, juste après sa victoire contre le Suédois Mats Wilander en finale de Roland-Garros, Yannick Noah n’a même pas le temps de saluer l’arbitre que son père Zacharie lui tombe déjà dans les bras.DOMINIQUE FAGET / AFP

Une carrière de footballeur courte mais intense

Mais Zacharie Noah, né le 2 février 1937 dans un Cameroun alors sous domination française, n’était pas simplement le père du dernier Français à avoir raflé un Grand Chelem de tennis. Fils d’un ancien tirailleur employé dans une plantation de cacaoyers, il part en France à 11 ans pour se consacrer au football. Il évolue d’abord au Stade saint-germanois – l’ancêtre du PSG -, puis à l’UA Sedan-Torcy, club de première division.

Il effectue le plus gros de sa carrière dans ce club phare de l’époque, et c’est à Sedan que naît en 1960 Yannick, dans le sillage de ses sœurs Isabelle et Nathalie. Défenseur sur le terrain, Zacharie rafle la Coupe de France l’année suivante, en 1961. Mais gravement blessé en 1963, il est contraint d’arrêter le football à seulement 26 ans, avec ce seul trophée dans sa besace.

Le défenseur Zacharie Noah, de l’UA Sedan-Torcy, en 1959. Le club remportera la deuxième et dernière Coupe de France de son histoire en 1961 avec Noah, avant de changer de nom en 1966.DR

Yannick, le meilleur tennisman français de l’ère moderne

Zacharie Noah se consacre ensuite à la carrière de son fils tennisman, jusqu’à l’apogée de ce dernier. Yannick Noah rafle au total 23 titres, demeurant à ce jour le Français le plus titré. Jeune capitaine de l’équipe de France masculine, il mène ensuite cette dernière à la victoire en Coupe Davis en 1991, et réédite l’exploit en 1996, avant d’amener les filles à la victoire en Fed Cup en 1997.

Yannick se consacre ensuite à son autre passion des années 1990, la musique. Elle lui apporte de très grands succès et parachève son règne, pendant des années, à la tête du classement des « personnalités préférées des Français » établi par l’Ifop et le Journal du dimanche. Avant de revenir à l’équipe de France de Coupe Davis en 2015, puis de cumuler ce capitanat avec celui de l’équipe de France de Fed Cup (depuis décembre 2016).

Le capitaine de l’équipe de France masculine de tennis, Yannick Noah, soutenant le numéro un français Jo-Wilfried Tsonga lors d’un match contre la République tchèque, le 17 juillet 2016 à Trinec.Michal Cizek / AFP

La relève avec le petit-fils Joakim, basketteur en NBA

Entretemps, le fils de Yannick, Joakim, perce dans un autre sport au plus haut niveau, le basket-ball. Né le 25 février 1985 à New York, doté des nationalités française, suédoise et américaine, il s’illustre d’abord à l’université, au sein des Florida Gators qu’il emmène à la victoire en championnat NCAA en 2006 et 2007. Il rejoint ensuite la NBA, au sein des Chicago Bulls puis des New York Knicks.

Si l’histoire de ce pivot-aillié fort, plusieurs fois présent au All-Star Game, ressemble à un rendez-vous manqué avec les Bleus – il est tout de même médaillé d’argent au Championnat d’Europe 2011 -, son grand-père pouvait être fier, à la tête d’une famille qui a contribué à mettre ses deux patries, le Cameroun et la France, dans la lumière grâce à la pratique au plus haut niveau de trois des sports parmi les plus populaires du monde. Une véritable dynastie.

 

A droite, Joakim Noah, lors d’un match entre son équipe des Knicks de New York contre les Suns de Phoenix, le 13 décembre 2016.Mark J. Rebilas-USA TODAY Sports via Reuters
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Publié le 8 janvier 2017, dans AFRIQUE CENTRALE, FRANCE. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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