Brésil : le président annonce la construction de nouvelles prisons

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Le président du Brésil Michel Temer s’est exprimé jeudi pour la première fois sur le massacre qui a fait 56 morts dans une prison de Manaus (Nord), déplorant un « accident effroyable », avant d’annoncer la construction de nouveaux établissements pénitentiaires.

« Je souhaite tout d’abord exprimer ma solidarité aux familles qui ont perdu leurs proches lors des terribles événements de Manaus », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse à Brasilia, avant une réunion avec plusieurs ministres.

« Il ne suffit pas de s’en tenir au diagnostic, il faut agir », a souligné M. Temer quatre jours après le massacre, mettant fin à un long silence mal perçu par de nombreux observateurs.

Pour faire face à la surpopulation carcérale, le plan national du gouvernement prévoit la construction d’au moins une prison dans chacun des 27 États du Brésil, en débloquant 800 millions de réais (environ 250 millions d´euros).

Il a aussi annoncé que ces nouvelles prisons disposeraient de deux bâtiments séparés pour que les détenus incarcérés pour des délits mineurs ne se retrouvent pas avec des criminels endurcis.

Par ailleurs, le gouvernement construira aussi cinq nouvelles unités de prison fédérale, à sécurité maximale, pour y transférer les « leaders hautement dangereux ».

Des systèmes de brouilleurs de téléphones portables seront aussi installés dans « 30% des prisons dans tous les États », afin d´éviter que les membres des gangs ne continuent à diriger leurs opérations de trafic de drogue derrière les barreaux.

Le ministre de la Justice Alexandre de Moraes a affirmé que la « seule construction de nouvelles prisons n’était pas suffisante » pour régler le problème pénitentiaire au Brésil, pointant notamment du doigt le fait qu’un grand nombre de prévenus dans l’attente d’un jugement se retrouvent dans les mêmes prisons que les détenus déjà condamnés.

Selon lui, le nombre de « détenus provisoire » s’élève à 42% au Brésil, contre 20% dans la moyenne mondiale et 8% dans les pays développés. Dans la prison de Manaus où a eu lieu le massacre, ce chiffre atteint 56%.

Le ministre de la Défense Raul Jungmann a annoncé pour sa part que les fonds alloués au contrôle des frontières seront « doublés » en 2017 et que la police fédérale brésilienne va intensifier la collaboration avec les pays voisins.

L´enquête attribue le massacre de Manaus à une « vengeance » sur fond de guerre entre gangs pour le contrôle de cette zone frontalière stratégique de la route de la cocaïne.

Avec 622.000 détenus recensés par le Ministère de la Justice fin 2014, le Brésil dispose de la quatrième population carcérale au monde, derrière les États-Unis, la Chine et la Russie.

Au niveau national, le taux d´occupation est de 167% et un rapport du ministère estime qu´il faudrait augmenter de 50% la capacité pour résorber ce problème.

Selon la presse locale, plus d’un détenu par jour est mort de façon violente en 2016.

Publié le 6 janvier 2017, dans AMÉRIQUE LATINE. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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