CEMAC : les prévisions de croissance de 2015 abaissées à 4,2%, sous l’effet des crises sécuritaires (PAPIER GENERAL)

Siege-CEMAC

L’insécurité due à Boko Haram et à la crise centrafricaine, combinées à la chute des cours des matières premières, plombent les économies de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) où les dernières prévisions de croissance de 2015 établies mercredi entre 4,2 et 4,3% confirment une tendance à la baisse persistante observée depuis fin 2014.

Dans son analyse précédente de décembre 2014, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) avait tablé sur un taux plus important d’environ 5%, en nette progression comparativement au résultat de 4,4%ayant clôturé cette année, alors que les projections initiales avaient fait état d’une accélération époustouflante de cette croissance de 5,3% à 6,7% au cours du premier semestre.

Ces prédictions se basaient sur des perspectives prometteuses dans le secteur pétrolier dues à une hausse de production et le dynamisme du secteur non pétrolier, « notamment au niveau des branches de l’agriculture vivrière, des industries manufacturières et des télécommunications ».

C’est un constat repris pour le compte de l’année en cours par le communiqué de presse publié au terme d’une session du comité de politique monétaire de la BEAC tenue mercredi à Yaoundé, organce selon lequel « cependant, ces performances seraient affectées par un contexte extérieur peu porteur et une situation sécuritaire préoccupante ».

Espace communautaire à l’économie extravertie comme c’est le cas dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, la zone CEMAC accuse notamment le coup de la chute des cours des matières premières ajoutée aux effets des activités terroristes de la secte islamiste nigériane Boko Haram et de la crise centrafricaine, a expliqué la presse le gouverneur de la BEAC, Lucas Abaga Nchama.

En plus d’une décélération de la croissance entre 4,2 et 4,3%, la banque centrale régionale annonce un taux d’inflation de 2,8%  » en rapport avec un ralentissement de la demande intérieure », ainsi qu’une « dégradation du solde budgétaire à -6,3% du PIB » et une  » aggravation du déficit du compte extérieur courant à 20,00% du PIB « que son dirigeant tente de minimiser.

Pour M. Abaga Nchama, les indicateurs déclarés ne doivent pas amener à se faire du souci, dans la mesure où « nous avons suffisamment de réserves et puis nous avons une capacité d’ endettement, sui se situe à 70% (du PIB). A ce jour, aucun Etat ne dépasse 20% ». En outre, « le taux de couverture des importations s’établit au-dessus de 90% » ,poursuit-il.

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) reçue en mai- juin 2014 avait pourtant recommandé de baisser le plafond d’ endettement évoqué, estimant que « la plupart des pays (de la région) ont bénéficié d’opérations de remise de dette » et que l’ accent doit plutôt être mise sur l’efficacité de l’utilisation de la dette pour permettre l’augmentation de la croissance économique.

Pour sa part, la BEAC a elle-même encore insisté sur la nécessité pour les six pays membres de la CEMAC (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) de diversifier leurs économies afin de réduire leur vulnérabilité aux chocs extérieurs. « Les réformes macroéconomiques doivent se poursuivre », a prôné le gouverneur.
Le relèvement des plafonds de refinancement est cité comme une mesure importante visant à contribuer à doper les économies nationales. Au Gabon, ces taux ont augmenté de 30 à 40 milliards de francs (60 à 80 millions de dollars), contre 60 à 120 milliards (100 à 240 millions de dollars)en Guinée équatoriale, 60 à 100 milliards(100 à 200 millions de dollars) au Tchad, au Congo et au Cameroun.

La République centrafricaine (RCA), qui se bat pour sortir de plus de deux ans de crise politico-militaire sans précédent, est à 15 milliards de francs (30 millions de dollars). « Les choses se sont améliorées. Nous étions à 1,6% l’année passée. Je pense que la croissance sera toujours positive cette année », a indiqué au sujet de ce pays Lucas Abaga Nchama.

C’est une évolution encourageante pour les autorités de transition centrafricaines qui se sont dotées en septembre 2014 d’ un Programme d’urgence pour le relèvement durable (PURD) pour la période 2014-2016 d’un coût de 576,5 milliards de francs CFA (1, 153 milliard de dollars), qui visait un taux de 1,3%, suivi d’une accélération à 5,1%en 2015 puis 8,2% en 2016.

Xinhua

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Publié le 26 mars 2015, dans AFRIQUE CENTRALE, ECONOMIE. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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